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Les fiançailles à lépoque du " anda " authentique
De tradition, le "Grand mariage" comorien est marqué par des étapes progressives. Avant de parler mariage proprement dit, lindividu doit, auparavant, se voir hisser au rang de mnamdji (litt = enfants du village). Il faut pour cela avoir réalisé une fête coutumière daccession à cette étape quon appelle dans les villages ou les traditions sont encore scrupuleusement suivies Mtsamiyo (inauguration) et dans dautres : Tranda misi (litt = confection de lappât). Cest donc après sêtre plié à celle obligation que la famille de lintéressé peut parler publiquement de son intention de marier son enfant.
Nous retenons ici deux sortes dofficialisation pour limpact quelles avaient sur la vie des jeunes couples Mahuwu et Mdrema wa anda Mahuwu (forêt) était, à lorigine, une stratégie élaborée par les concepteurs du Anda pour aider la famille à construire la case nuptiale. Les wanamdji partaient très tôt le matin pour la forêt doù ils rentraient au village avec un paquet de bois qui devait servir dans la réalisation de la charpente de la case. La veille, les villageois se retrouvaient le soir pour faire la fête en dansant le sambe. Au cour de la danse, la famille de la fiancée devait offrir le tabac aux danseurs. Les you-you des femmes et les applaudissements des hommes encourageaient les wanamdji qui vont partir chercher les matériaux de construction. Pour les villages éloignés de la forêt, cétait un véritable parcours de combattant. Le lendemain, après avoir apporté les matériaux nécessaires à la construction de la case, tout le village était convié à un repas offert par la famille du fiancé et préparé dans plusieurs foyers. Celle fête continue à être pratiquée, de nos jours, dans certains villages même si on ne va plus à la forêt depuis que les constructions sont faites en tôles et en dur.
Une parcelle bien fertile
En ce qui concerne le Mdrema wa anda ou Mdrema doroso, nos ancêtres avaient imaginé un système dentre-aide agricole adapté au contexte du grand mariage. Il semble que cette manifestation était la plus appréciée par la communauté dans le sens où elle avait une dimension de responsabilisation. Avant toute information sur les fiançailles, les deux familles concernées doivent sentendre sur la désignation dune parcelle fertile qui va être offerte au futur bwana arusi (monsieur du mariage).
La division de travail était de rigueur. Les enfants balayaient le champs et distribuaient les outils et les semences aux adultes. Les hommes soccupaient du défrichage, du labour et de la plantation de bananiers et des pignons dInde (mdri mzungu).
Le tremplin pour le mariage et lavenir
Quant aux femmes, elles apprivoisaient la terre pour quelle accepte la terre, le semis en paquets pour les céréales (maïs, riz) en association avec les tubercules et les légumineuses. En fin de matinée lé repas est servi dans la joie au bout de leffort. Le travail réalisé offre un champ bien garni et le doyen du village fait le discours de bénédiction, en général, en ces termes: "enfant de la baraka, tes parents, tes beaux-parents et la communauté te font don de ce verger, de ces cultures vivrières et de notre bénédiction. Nous espérons que tu mettras ton ardeur, ton savoir faire et ton cour au service de cet ouvrage. Comme nous sommes là pour te relancer dans la voie de la réussite, nous serons tous sur la place publique inshallah pour évaluer tes efforts" (comprenez le Grand mariage) Le jeune homme passera des années durant, aidé par ses proches, à cumuler les richesses qui lui permettront de réaliser son Grand mariage. La règle était de ne pas dépenser tous les fruits de son travail. Il devait lui rester quelque chose pour, dune part prendre en charge sa famille et accomplir, dautre part, sa réinsertion sociale après le grand mariage rendu possible par son labeur et par la contribution communautaire. Cest delà quest né ladage "yatsu fayna anda ye kakaya hindru" (qui na pas accompli son Grand mariage ne sera jamais quelquun dans la vie). Pour beaucoup, cétait lépoque où le Anda avait son authenticité
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