Un plan d’urgence d'assainissement de la Ville de Moroni
d'une période de six mois devrait démarrer dans les prochains jours avec un
appui financier de l'ordre de 285,000 dollars de l’Union européenne (UE),
apprend-t-on dans la capitale comorienne de bonne source.
Une convention de financement a été signée en ce sens la
semaine dernière entre le chargé d'affaires de l'UE à Moroni, M. Gilles
Desquelles, et le premier vice-président de l'Union des Comores, M. Caabi
El-Achroutoui Mohamed.
Coordonné par Mme Fatuma Abdallah, une célèbre militante de
la cause écologiste aux Comores, ce plan devrait permettre à la capitale
comorienne de se débarrasser de ses ordures d'ici à la fin du mois d'avril,
explique-ton de même source.
Il est prévu, entre autres activités, le ramasse" et le
transport des ordures vers la décharge de Séléa, la sécurisation et la
réhabilitation de ladite décharge, la sensibilisation du public, la
surveillance des sites, mais aussi l'acquisition de l'équipement nécessaire.
Ce plan d'urgence est présenté comme une activité
préparatoire, voire "l'expérimentation" d'un futur projet d’ensemble
de gestion intégrée des déchets Incluant six \dites comoriennes. Il est censé
contribuer à l'amélioration de l'état sanitaire des populations (prévention des
épidémies) dans les villes de Moroni, Mitsamiouli, Foumbouni, Domoni,
Mutsamsudu, Ouani et Fomboni.
La conception du futur projet global a été confié au bureau
d'études allemand Hydroplan, indique-t-on.
On note que jusqu'ici, les villes comoriennes sont plutôt
démunies devant l'accroissement de déchets ménagers et hospitaliers et la
multiplication des décharges sauvages.
Des fonctionnaires du ministère de la Santé et les
associations locales de protection de l'environnement notamment le réseau
Ulanga, s'efforcent depuis plusieurs années d'alerter l'opinion sur les
"risques élevés » de contamination de maladies diverses.
Une récente enquête menée par l'institut Pasteur d’Antananarivo
sur les rats dans le quartier du port de Moroni évoque clairement des risques
sérieux d'apparition d'une grave épidémie.
Les visiteurs étrangers sont toujours frappés par les dépôts
sauvages d'ordures le long des routes vers la corniche de Moroni.
En outre, certaines ménagères n’hésitent pas à jeter des
déchets directement dans la mer, à proximité des habitations.
"Même les déchets des hôpitaux sont jetés sans
traitement préalable en mer ou sur les sois poreux", affirme un rapport
officiel, qui précise que les animaux viennent souvent fouiller et se nourrir
sur les décharges...
Dans la capitale, c'est la préfecture qui assure les
services de voirie, mais elle est manifestement dépassée par l'ampleur de la
tâche, faute de l’équipement et des ressources humaines nécessaires pour faire
face.
Avec seulement deux camions et un personnel restreint, ce service ne parvient pas à empêcher ta prolifération des ordures dans Moroni. C'est dans ce contexte que les habitants de la capitale comorienne éprouvent un certain soulagement en apprenant l'entrée en vigueur de ce plan d'urgence.
Comores-Info N° 75, page 7