Epidémie de conjonctivite aux Comores

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ne épidémie de conjonctivite sévit actuellement aux Comores et n'épargne personne, même pas le seul ophtalmologiste comorien en poste à Moroni, Dr Chanfi Mohamed.

 

La nouvelle de la contamination du Dr Chanfi a fait le tour de la petite ville de Moroni comme une traînée de poudre. Le Dr Chanfi soigne depuis plusieurs années toutes sortes de maladies des yeux dans la capitale comorienne. Son registre indique qu'il a examiné durant ces deux derniers mois 756 patients dont 314 cas de conjonctivite et 133 cas de conjonctivite aiguë. A force d'examiner des personnes atteintes, l'ophtalmologiste a fini par contracter la maladie et à se mettre à la mode des lunettes fumées comme toutes les victimes de la conjonctivite.

 

Certes, les tests virologiques nécessaires n'ont pu être réalisés, mais Dr Chanfi a tiré ses conclusions: il s'agirait d'une conjonctivite virale au regard de son mode d'apparition, de son temps d'incubation et de ses manifestations cliniques. Cette maladie, qui touche généralement les deux yeux en même temps, se caractérise par une rougeur de l’œil, produit des sécrétions purulentes qui font coller les paupières l'une à l'autre, surtout le matin au réveil. La maladie se propage rapidement dans les hôpitaux, les écoles, les foyers et lieux publics. Si les malades guérissent vite, ils souffrent cependant de la fièvre et d'autres gênes.

 

Le médecin prévient qu'il peut y avoir des complications notamment lorsque la cornée est atteinte, un phénomène qui se manifeste sous des formes variées. Il indique qu'il n'a pas encore relevé de cas aussi graves, conseillant toutefois aux malades le port de lunettes et une plus grande hygiène.

 

Selon le ministère de la Santé, cette maladie a débuté au Nord de la Grande Comore avant de s'étendre à Anjouan et à Mohéli. Beaucoup de Comoriens craignent d'avoir la conjonctivite le jour de l'Aid el fitr (fête de la fin du ramadan) et ne pas pouvoir de ce fait serrer les mains des amis et des parents pour leur présenter les vœux comme on le fait habituellement. Il est en effet fortement recommandé de s'abstenir de donner la main à une personne malade pour éviter la contagion.

 

Extrait de COMORES-INFOS n°77, 15 décembre 2002