Developpement
Colloque de COMORESPOIR à l'Assemblée Nationale Française, le 11 juin 2003
 
Etude sur le métabolisme territorial de l'Ile d'Anjouan
 

Page spéciale sur les Rapports de projets de la DIASCOM
 
Transversalité et mutualisation des actions de développement local

Compte rendus de projets asociatifs

PROJET CONSERVATION COMORES 2005

Coopération décentralisée : SARCELLES, Première ville de france a signer un accord avec une ville comorienne
 
 
France
Document Cadre de Partenariat France - Union des Comores- DCP - (2006-2010)
Banque Mondiale
Le DSRP
Le document complet est désormais en ligne
 
Travaux de la banque Mondiale
 
FADC
 
PNUD / UNDP
Millenium development goals for 2015
U.E
Quelques Informations sur les activités de l'Union Européenne aux Comores
 
Francophonie
Programme spécial de développement (Psd) - 2006
 
Autres Entités
C.I.E.P
Action Projet 2003
 
Pref. de MAYOTTE
Le FCR
 
Bourses ZELLIDJA
Bourses de voyages
 
Projets en cours

Bourse des Projets
(Rubrique Petites Annonces)

 

Developpement / Projets

Atelier DRSP - Discours d'Anjouan

Atelier National de Validation du DSRP Intérimaire
Anjouan, le 5 mai 2003

Discours de M. Wolfgang Fengler, Représentant de la Banque mondiale

Merci beaucoup Sharif, merci beaucoup chers amis, merci cher Vice-président de l’Union, merci cher Ministre des Finances de l’Ile Autonome d’Anjouan, merci beaucoup chers Hauts Responsables et Ministres, et merci beaucoup au Comité d’Orientation qui a lancé ce processus avec la coordination très efficace de M. Ben Imani, merci beaucoup.

D’abord j’aurais voulu souhaiter un bon anniversaire au Président de l’Ile, mais malheureusement il n’est pas ici aujourd’hui, je le ferais donc plus tard.

Comme vous le savez j’ai été ici plusieurs fois et j’ai des relations très personnelles avec beaucoup d’entre vous. J’ai beaucoup d’amis ici, j’ai beaucoup appris dans ce pays et j’aime beaucoup ce pays, notamment Anjouan. C’est en tant qu’ami je me permets à cette occasion d’être franc avec vous.

Je ne sais pas si vous le savez, mais je l’espère, votre pays se trouve dans une crise extrêmement profonde - extrêmement profonde ! Et je n’ai pas toujours le sentiment que les gens comprennent l’ampleur de la crise. Si tout s’était bien passé avec la transition, la nouvelle constitution, entente entre les présidents et les administrations, si tout cela s’était bien passé vous auriez eu, probablement, un financement à la hauteur de trente millions de dollars dans le cadre d’une conférence de bailleurs de fonds. En douze mois, vous avez donc déjà perdu environs trente millions d’Euros. Réfléchissez sur l’impact ! C’est quand même énorme pour un pays dont le budget est de vingt millions de dollars ! On comprend alors que certains membres de la communauté internationale soient un peu désespérés par rapport au processus et à la situation de ce pays.

Il y a une chose où les Comores sont les premiers au monde – champions de monde en nombre de ministres par habitant. Si la Chine aurait le même taux de ministres, la Chine aurait des centaines de milliers de ministres ! Dans ce domaine là, vous êtes les premiers au monde. Par contre, les Comores sont probablement le seul pays au monde où il n’y a toujours pas de téléphone portable et où bientôt il n’y aura peut-être plus que Yemenia et Sudan Airways à desservir les destinations internationales. L’écart entre l’administration et les services représente un contraste que l’on voit quand on vient de l’extérieur, un contraste que nous devons défendre envers nos supérieurs. Et quand on considère la privatisation du port d’Anjouan, vous avez été tellement libéraux que vous l’avez privatisé deux fois !

Quel rapport avec le développement social ? La réponse est simple : Si vous dépensez la plupart de votre argent aux ministères et pour l’administration, si vous rejetez les investisseurs sérieux, il y a un manque de financement pour les affaires sociales, pour l’éducation et la santé, et c’est ce que l’on voit aujourd’hui.

Hier, le Président, moi-même et nos équipes sommes montés à la ville de Jimlimé. Monsieur le Ministre des Finances était d’ailleurs parmi les plus rapides à monter. C’était une très bonne expérience pour nous tous car c’était dur, dur de monter et dur de descendre. Ça nous a fait un peu vivre la vie normale des gens de là-haut. Nous n’avions pas les vêtements adéquats, mais nous sommes arrivés, et nous avons pu voir la dignité de la population de Jimlimé et leur accueil chaleureux. Pour moi, c’était une réalisation importante. C’est un peu le malheur de ce pays, de voir la richesse de certains officiels d’un côté, et la pauvreté de Jimlimé de l’autre. C’est un peu le malheur de ce pays que j’ai vu ces derniers jours.

Dans ce contexte-là, je me pose quelques questions : Ne pourrait-on pas réduire le nombre de ministres ? Pourquoi est-ce que Jimlimé reste enclavé, sans route, alors que l’on voit beaucoup de voitures neuves dans les administrations partout. Ne serait-il pas envisageable d’investir dans le secteur de l’eau – car qu’il y a beaucoup de gens ici qui n’ont pas accès à l’eau – et dans des systèmes sanitaires de base en réduisant le nombre de voyages officiels ou en ne pas voyageant en classe affaires ?

Malgré tout ce que je viens de dire, je tiens tout de même à féliciter M. Ben Imani et l’équipe qui a géré le DSRP. D’après ce que j’ai compris, dans cette phase difficile que votre pays a traversée, c’était un outil pour un dialogue où vous étiez tous impliqués. Ce que je me dois d’ajouter sur le processus du DSRP, est que j’aurais souhaité, et je souhaite encore, que vous imaginez une stratégie pour ce pays basé sur une vision sans aide des bailleurs. Je répète : sans aide aucune. Une vision de ce qu’il faudra faire pour sortir ce pays de la crise, comme l’a fait l’Ile Maurice il y a vingt ans, un pays de la région qui ressemble beaucoup au votre, qui est sorti de la pauvreté et qui maintenant ne reçoit aucune aide extérieure.

Voilà mes réflexions pour provoquer le débat. Merci beaucoup pour votre attention et je vous souhaite beaucoup de succès.