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Politique |
Azali Assoumani :
La prospérité économique passe par la stabilité politique.
22/03/2001 |
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Azali Assoumani : La
prospérité économique passe par la stabilité politique.
Un Article du site AFRIK.COM
jeudi 22 mars 2001, par Roch Sonnet
Le chef d’Etat major de l’Armée comorienne parvenu au pouvoir par un
putsch, le 30 avril 1999, juge que la réconciliation nationale est une
" réalité ". Malgré l’OUA et l’opposition. L’heure est désormais à la relance
d’une économie comorienne mise à mal par cinq années de crise séparatiste.
Interview.
Afrik : Quelle est votre vision des évolutions récentes de
la crise anjouanaise, depuis la signature de l’accord de réconciliation de
Fomboni, le 17 février dernier ?
Azali Assoumani : J’ai connu pire. Il n’est pas loin le temps où les
représentants anjouanais refusaient de transiter par Moroni pour aller à l’OUA
(Organisation de l’Unité Africaine. Ndlr). Nous revenons de loin. En 1996,
tous les Anjouanais de l’appareil politique comorien pactisaient avec les
séparatistes. Le virage a été pris. Désormais la réconciliation comorienne est
une réalité. Il va falloir désormais en fixer les modalités. C’est ce que va
tâcher de faire la Commission tripartite, réunissant les représentants des
trois îles de l’archipel, le 30 mars prochain, en tentant d’élaborer une
nouvelle constitution, où tous les Comoriens se reconnaîtront.
Afrik : Sachant que, Abeid Abdéramane le leader anjouanais est
contesté dans son propre camp, cet accord est-il solide ?
Azali Assoumani : La fronde contre Abeid, c’est terminé. Le noyau
d’irréductibles qui se sont opposés au processus se sont réfugiés à Mayotte.
Nous avons eu des difficultés pour trouver un interlocuteur tant le front des
séparatistes était disparate. Mais c’est de l’histoire ancienne. J’ai renforcé
Abeid, car il nous fallait un interlocuteur fiable. Maintenant que c’est chose
faite, je n’ai pas de raison de douter de la solidité du processus de
réconciliation.
Afrik : Comment comptez-vous vous y prendre pour faire
accepter l’option confédérale à l’opposition ?
Azali Assoumani. : Mais il n’a jamais été question de "
confédération ". Ni dans les accords, ni dans les tractations. Les Comores
seront " fédérales ". On peut indéfiniment discuter de la nature de la future
Constitution : confédération masquée ou véritable fédération ? Ce sont des
mots. Ce qui compte c’est la sortie de la crise. Pour ce faire, nous avons
défini les domaines de souveraineté, tels la diplomatie, la Défense, la
monnaie. Le reste sera à définir par chacune des îles qui composent notre
pays. Une commission des lois va veiller au processus pour garantir de tout
dérapage.
Afrik : L’OUA s’est également montrée hostile à cet accord...
Azali Assoumani : L’OUA voulait ma tête. C’est étrange,
car en Afrique je ne suis pas le premier président parvenu au pouvoir par un
coup d’Etat. La position de l’Organisation de l’Unité Africaine c’était : "
Tant qu’Azali est au pouvoir on ne résoudra pas la crise séparatiste ". Moi je
n’ai eu de cesse d’affirmer le contraire : " D’abord on règle la crise
séparatiste, ensuite on organise des élections libres et démocratiques.
Ensuite, je m’en vais ". Je note que l’Union Européenne et la Ligue arabe
n’ont pas suivi les orientations de l’OUA.
Afrik : Quelles opportunités économiques voyez-vous avec la
levée de l’embargo de l’OUA contre Anjouan ?
Azali Assoumani : J’ai toujours été contre cet embargo. Je l’ai critiqué
du temps où l’ancien gouvernement l’avait imposé, car un pays n’agit pas ainsi
envers une de ses régions. C’est comme si Paris appliquait l’embargo à
Marseille. C’est absurde. Je ne crains pas de dire que nous avons été les
premiers à le violer. Je note également que l’OUA a triché en décidant de "
suspendre " plutôt que de lever un embargo, alors que les termes de l’accord
étaient très clairs. Quant à l’impact économique, je pense d’abord aux
Anjouanais qui vivent sur l’île, qui vont mieux vivre leurs échanges avec
l’extérieur. Ensuite, je me réjouis de la reprise du dialogue entre mon pays,
le FMI et la Banque mondiale. La réconciliation va servir les trois
secteurs-clés de notre économie : l’agriculture, la pêche et le tourisme. Sur
ce dernier point, qui exige du temps et des investissements étrangers, la
stabilité politique est particulièrement bienvenue. Songez que nous avons
signé avec un groupe hôtelier pour une licence de 25 ans. Un grand groupe de
transport aérien a même souhaité que nous nous engagions sur 50 ans ! Ces
investissements à long terme seront abondamment traités lors de la conférence
des investisseurs, qui doit se réunir prochainement.
Afrik : Un pays comme Maurice avec lequel les Comores ont de
nombreux points communs, notamment géographiques, mise sur les nouvelles
technologies pour se désenclaver. Allez-vous faire le même pari ?
Azali Assoumani : Nous traitons avec les Mauriciens qui souhaiteraient
délocaliser une partie de leurs activités chez-nous. Les Comores ont du retard
en la matière, il faudra aller vite. Nous aurions intérêt à nous comporter en
élève attentif vis à vis de notre voisin. Mais si cela a marché à Maurice,
c’est, entre autre, parce qu’il peuvent s’enorgueillir de 20 ans de stabilité
politique. A nous d’en faire autant. La prospérité économique passe par la
stabilité politique.
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