LA PERTE TRAGIQUE D’UN ENFANT DE LA
NATION COMORIENNE
Loin, je suis, je n’ai pas pu participer à la foule
nombreuse qui t’a rendu le dernier Adieu, mais ici, je fais aussi la prière.
La prière pour toi, enfant prodigue. C'est une perte tragique qu'a connu
l'archipel de la lune. Moi comme les autres je prie Dieu. Je prie Dieu pour
qu’il te réserve une place de choix dans son paradis. Ô toi, Mmadi moegni, tu
es parti si tôt et si jeune, même si chez le très haut ce qui compte c’est
l’heure. Tu es parmi ceux qui ont laissé des orphelins. Orphelins familiaux,
orphelins moraux.
Toi qui as servi infatigablement à ta jeune nation. Toi qui as secouru
plusieurs dizaines de milliers de têtes menacées le l'ignorance. Parmi elles,
la mienne. Toi qui as accompli tes tâches de façon aussi noble. Tu es dans ta
demeure éternelle et tu l'occupe pendant longtemps. N'est-ce pas toi, Mmadi
moegni, un des artisans de ma plume ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui salissais mes pages avec l'ancre rouge ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni que j'ai énervé un jour dans le modeste, mais
noble lycée. Lycée said Mohamed Cheick de Moroni devant le tableau noir ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'as dit :"tais-toi idiot, machine à rire?"
Ce tendre grondement du père et fils ne m’avait pas fragilisé. J’avais
continué mes rires, mais tu ne savais pas à cause de quoi. Sinon un des amis
avec lesquels j’ai usé mon pantalon sur le banc savait pourquoi je riais ce
jour là.
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'as fait peur avec le torse d’un homme
fort, sportif de haut niveau et fini par me conseiller de suite ?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui fabriquais mes vers, mes proses, mes
sonnets, mes strophes...?
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'as dit que mon père t'étais bien connu
depuis longtemps et il t’a dit…? Mmadi moegni, dans ton château de paix et de
tranquillité, permets moi de verser une bonne quantité de larmes. Larmes de
crocodile même, l'armes d'un orphelin dont l’espoir est attenté.
Je te connaissais déjà, mais je ne savais pas que tu allais partir si tôt
comme ça. Pourquoi tu ne nous as pas dit que ta feuille t'avais averti ?
Dommage, la décision de ton départ a été écrite et prise par le très haut.
Dommage, nos interventions n'auraient rien fait. Dommage Mmadi moegni,
pleurer, prier, gémir sont également lâches. Si c’est lui qui décide l’heure,
elle est incontestable. N'est-ce pas ? Le petit peuple, peuple miséreux avait
besoin de toi, il pense toujours à toi. Tes oeuvres n'ont pas été achevées,
mais celles que tu as accomplies sont aussi nobles. Mon professeur, les
comoriens te connaissent. Certains te connaissent journaliste, d'autres,
ministre mais moi et mes amis avec lesquels j'étais victime, étant sacrifiés
par le pouvoir gendrocratique, te connaissons professeur, pédagogue, sauveur,
bienfaiteur... Plein de beaucoup de pitié, de patriotisme, de civisme, de
dynamisme... sociable, généreux de cœur, agréable à fréquenter sans complexe.
Tel est le Mmadi moegni que nous connaissions et qu’on ne va jamais oublier.
Ton arrachement dépasse mon imagination. Mmadi moegni, je n'ai pas oublié. Je
te dois beaucoup. Même si tu es parti avant que je m'acquitte de la dette,
mais j'en suis reconnaissant. Je suis reconnaissant de l'ajustement que tu as
fait à mon navire. Mon petit journal local "Bishio" ne t'a pas connu arrogant,
ne t'a pas connu égoïste... Sur les bancs du lycée Saïd Mohamed Cheick, au
moment où tu salissais tes mains de la couleur de sombre avec la poudre de
plusieurs couleurs, tu m'étais si proche.
N'est-ce pas toi Mmadi moegni qui m'a appelé souvent Ô "fisse" ( qui rit
beaucoup ) à cause de m'éclatements de rire qui gâtaient souvent tes discours,
lors de tes séjours devant le tableau ? Tu m'étais patient, tolèrent et un bon
conseilleur. Mes rires étaient l’unique défaut que tu m’avais attribué, mais
ils ne t’avaient pas découragé. Je ne t'oublierai jamais. Et il est certain
que mes amis aussi, mes anciens collègues avec lesquels j'étais sacrifié à
cette époque là ne t'oublieront jamais. Au revoir mon professeur Mmadi moegni
en te disant que ce que je n'ai pas pu dire ce jour-ci, je le dirai
prochainement.
Paix à ton âme mon professeur.
said ahmed SAID YASSINE
( Yassine ) Lyon