Toi, enfant comorien qui rêve de pays lointains,
Dans ton boubou blanc tu vas tous les matins,
Par les ruelles sombres qui serpentent la citadelle,
Chercher un peu de savoir dans ce monde cruel.
Ton coeur est encore pur et tu crois en demain,
Tu chantonnes et tu danses pour oublier ta faim,
Tes sandales sont usées et tes pieds te font mal,
Rien ne peut t’arrêter, pour toi tout est normal.
Dans ton sac pas de livre juste un crayon, un cahier,
De la leçon d’hier, d’avant-hier tu n’as rien oublié,
Sans livres ni dictionnaire tu ne peux réviser,
Ta pauvre mémoire est ta référence avisée.
Et tu avances, et tu avances sans te lasser,
Pour que ton devenir ne soit pas chose du passé.
Que ta lutte et ton courage te soutiennent !
Que la réussite et la gloire soient tiennes !
Pour qu’alors devenu homme tu réalises enfin,
L’espoir de ton pays, de tes parents, amen !
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Regarde-toi,
tu as à peine trente ans.
Mais tu sembles avoir passé le temps.
De te mirer, tu n’as point le temps.
La case, les enfants et les champs,
Ils prennent tout ton temps
Regarde
tes mains.
Mains d’homme ou de femme
Tu ne le sais plus toi-même.
Durcies, rabougries, naines,
Où est le henné que tu aimes ?
Regarde
ton visage.
Les rides font ombrage.
Tu as vieilli avant l’âge.
Ton regard est ton seul message
Pour dire : Je n’ai pas cet âge.
Regarde
tu es la mère de ses enfants.
Te faire la cour, il ne prend plus le temps.
Mais tu aimerais cependant,
Que
de temps en temps
Il prenne le temps.
Regarde-toi,
prends le temps,
De penser à toi de temps en temps,
Comme il y a longtemps.
Avant que ne vienne le temps
Où il ne sera plus le temps !
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Moroni
miroir de notre passé
Moroni berceau des sultans
Moroni l’éternelle
Que de secrets tu caches en toi !
Rappel
vivant de nos traditions
Tu veilles sur tes enfants.
Tes maisons sont les mêmes
Tes ruelles pavées
Font encore résonner nos pas.
Les
remparts de ta citadelle
Laissent des trous béants çà et là.
Seul signe de l’évolution
Des lampadaires qui ornent
Les murs de tes maisons.
Tragédies
ou bonheurs
Tu en as connu.
Stoïque, immuable tu n’as pas d’âge
Un seul coup de chaux
Et te voilà jeune à nouveau.
Que
jamais ne vienne le jour,
Où pensant que tu es trop
vieille
On voudrait te détruire,
Ô toi Moroni
Ville immortelle !
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Écoute
le vent qui vient du nord
Qui souffle si fort quand tu t'endors
Aussi forte que ma douleur
Il chante mon malheur
Tel un naufragé qui appelle au secours
Il crie mon désespoir et mon amour
Écoute
le vent qui te parle d'amour
Il te dira les mots qui chantent dans mon coeur
Ces mots qui sont pour toi
Ces mots qui viennent de moi
Mots d'amour
d'une
mère pour son enfant
Mots qu'elle
voudrait que tu entendes
Écoute
le vent qui caresse ta joue
Ce sont mes caresses qui accompagnent mes mots
Laisse-le te prendre dans ses bras
Ferme les yeux et tu verras
Que je suis là tout près de toi
Pour moi ce serait une grande joie
Écoute
le vent qui apaise mon âme
Quand je lui parle de toi et que je l'envoie
T'apporter
tout mon amour et ma peine
Pour te dire combien je t'aime
Et que le temps est long sans toi
Que j'aimerais
tant te revoir
Écoute
le vent ce messager
Qui te dira combien le temps est court
Écoute le vent qui te demande pardon
Pour moi et te dit que j'attends
l'heure
du retour
Écoute le
vent qui sèche tes larmes
Et qui te dit garde confiance
Écoute
le vent
. . . . . . . . .
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C'est la Ide aujourd'hui
Pour la journée la ville forme
Une grande famille.
Toutes les portes sont ouvertes.
Dans leurs habits neufs,
Les enfants s'en vont
De maison en maison
Offrir leurs voeux.
Ni le soleil, ni la fatigue
Ne peuvent les arrêter.
Ils sont joyeux, insouciants.
Leurs rires résonnent
Dans les rues de la citadelle
Les couleurs chatoyantes
Des robes des petites filles
Transforment ces rues
En un champ fleuri.
Les boubous blancs
Des petits garçons
Jettent ici et là une tâche
De pureté, d'innocence.
Et quand vient le soir,
Fatigués, gavés
De tous les gâteaux
Et les sucreries,
Ils s'endorment
Le sourire aux lèvres
En rêvant à l'an prochain ! |
Gloire de tes parents
Tu es au plus au rang
Tout le monde te respecte
Personne ne t'objecte
Reine ou princesse
Tu as vendu ta jeunesse!
À cet homme âgé
Tu t'es donné
Pour ne pas être jugée.
Du courage il t'en a fallu !
Reine ou princesse
Tu as vendu ta jeunesse !
Penses-tu de temps en temps
À cette femme qui pleure,
Avec elle tu le partages,
Pour toi point de douleur
L'amour n'y est pas.
Reine ou princesse
Tu as vendu ta jeunesse !
De l'amour tu ne sais rien.
De cette flamme qui embrase
De la communion de deux êtres
Qui à l'ultime instant en font qu'un.
Reine ou princesse
Tu as vendu ta jeunesse !
Si un jour tu rencontrer
Enfin l'Amour, le vrai
Celui qui balaye tout
Sauras-tu être sage ?
Reine ou princesse
Tu as vendu ta jeunesse !
Quand ce jour viendra
Et il viendra,
Alors avec des pleurs
Tu le diras toi-même
J'ai vendu ma jeunesse ! |