Ahmed Abdallah est né le 12 juin 1919 à Domoni (Anjouan) dans une famille noble. Il fréquente lÉcole Régionale de Majunga (Madagascar), jusquà la troisième année, et revient à Anjouan sans aucun diplôme. Sa famille possède des terres et des gens, il devient propriétaire, préparateur de vanille et commerçant. Cest plus tard quil entre en politique. Notable influent à Anjouan, en 1946, il est élu au Conseil général, et en devient le président en 1949. Il na alors que trente ans. Cest à ce titre quil se rend pour la première fois en France en 1951 pour appuyer lAdministrateur supérieur du territoire venu présenter les revendications du Conseil général. Il sera réélu à lAssemblée territoriale jusquen 1973. Élu Conseiller de lUnion Française (apparenté Rassemblement des Gauches Républicaines) par le Conseil général (17 voix sur 24) le 4 novembre 1953, en remplacement de Georges Boussenot, il démissionne de ses fonctions de président de ce Conseil. En juin 1957, cest Jacques Grimaldi quil remplace au poste de Conseiller Territorial (il siège aux côtés des élus de lUnion des Gauches Républicaines (U.G.R.). Il élu Sénateur le 26 avril 1959 (apparenté Union pour la Nouvelle République, le parti gaulliste) par 22 voix sur 31 votants. Il est réélu le 22 septembre 1968 par 49 voix sur 61 votants (il est membre de la Commission des Affaires culturelles). Il prend alors comme suppléant un autre Comorien de lîle dAnjouan: Affraitane ben Saïd Aboubacar. Dans toutes ses élections il a eu lappui du député puis premier Président du Conseil de gouvernement Saïd Mohamed Cheikh. Ahmed Abdallah devient aussi Président de la Chambre des Députés le 2 avril 1970 (par 25 voix, 6 abstentions) en remplacement du Prince Saïd Ibrahim qui prend la fonction de Président du Conseil de Gouvernement après la mort de Saïd Mohamed Cheikh. Mais les élections du 6 juin provoquent un changement de majorité, et Ahmed Abdallah perd son siège de Président. Il conserve tout de même son poste de Sénateur. Le 22 décembre 1972, après la motion de censure contre le prince Saïd Ibrahim, lAssemblée territoriale le désigne comme Président du Conseil de Gouvernement avec comme mandat " négocier laccession des Comores à lindépendance dans lamitié et la coopération avec la France ". Il démissionne de son poste de sénateur dès janvier 1973. Après léchec des " Accords de 1973 ", et les tergiversations des autorités coloniales conséquentes au référendum de 1974, Ahmed Abdallah, en tant que président du Conseil de gouvernement proclame lindépendance des Comores le 6 juillet 1975. Le Mouvement populaire mahorais (MPM) en profite pour déclarer lattachement de lîle à la France. Avant lindépendance, et surtout après, le gouvernement Abdallah tente de créer des liens avec dautres pays autres que lancien colonisateur. Mais dès le mois daoût 1975, le premier coup dÉtat comorien met au pouvoir Ali Soilihi. Ce dernier envoie le mercenaire Bob Denard avec quelques hommes chercher Abdallah qui était alors à Anjouan. Les mercenaires le prennent vivant, mais il obtient de pouvoir sexiler en France. Il ny perd pas son temps, il prend les contacts nécessaires, obtient largent et les hommes pour pouvoir envisager son retour. Trois ans après avoir été chassé des Comores par les mercenaires à la solde dAli Soilihi, il sappuie sur les mêmes mercenaires pour abattre ce dernier et mettre fin à lexpérience révolutionnaire. Il installe alors un pouvoir autocratique dans lequel lopposition nest que tolérée. Peu à peu, le régime devient dictatorial, encadré par les mercenaires qui contrôlent le pays. Le 26 novembre 1989, il est assassiné dans sa résidence en présence de trois mercenaires et de son Garde du corps, dans des circonstances qui demeurent encore mystérieuses. © MweziNet |