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| L'Education
en France et aux Comores |
| L'Université
des Comores |
L'année 2003 a vu aux
Comores la création d'une université basée sur l'unification d'établissements
existants, l'ouverture de filières d'enseignement, et tout cela financé par une
taxe additionnelle sur le kilo de Riz.
Il y a bien sur, les partisans et les opposants à ce projet désormais
concrétisé, nous allons donc ici regrouper plusieurs opinions sur le sujet
ATTENTION : Il y a des
opinions POUR ou CONTRE ce projet, elles n'engagent que leurs auteurs, et pour
exercer un droit de réponse, nous vous proposons de nous écrire au
webmaster en précisant "droit de
réponse au message de ...".
Intervention parue dans notre
forum de discussion HABARI le 29/02/2004
par
Ben benzjac@yahoo.fr
Bonjour,
Je devance un peu les choses, quoique certains m'accuseront de trop
caricaturer ou de faire des rapprochements incongrus. Permettez-moi un petit
détour sous les tropiques pour vous rappeler la vie estudiantine de nos
compatriotes.
Tout le monde s'accorde pour dire que ceux-ci vivent dans des conditions
misérables de telle sorte que tous les moyens sont bons pour s'en sortir. Vu
le manque crucial de ressources pour financer leurs scolarités, certains
étudiants sont obligés de louer des taudis dans des bidonvilles, sans aucune
protection sociale, sanitaire ou consulaire. Pour préparer leurs examens, ceux
qui n'arrivaient pas à payer leur loyer se voient priver d'électricité et
doivent se contenter des la lumière des lampadaires en pleine voie publique
pour réviser (concentration garantie).
Je me souviens encore très précisément de ce compatriote, boursier de l'état
comorien qui, pour ne pas crever de faim, flirtait avec une dame qui avait
presque l'âge de sa grand-mère et vendeuse de poissons braisés sur le bord de
la route de l'université. Et, que dire de cet autre compatriote qui avait
réussi à corrompre un cuisinier du resto U. En attendant que sa famille lui
envoie épisodiquement un peu d'argent pour payer ces tickets, il pouvait
remplir son estomac et se concentrer sur ses études. Qu'en est-il de cet autre
étudiant devenu, du jour au lendemain, un marabout très respecté en vendant
des amulettes fabriquées, entre deux cours, à partir des versets photocopiés
du saint Coran? Enfin, que penser de cet étudiant converti au proxénétisme en
livrant à nos élites, de passage dans sa ville d'études, mna motro pour
satisfaire leurs bas instincts, dans l'espoir qu'une fois de retour au pays on
lui rendra l'ascenseur? Je pourrais multiplier les exemples à profusion et je
suis persuadé que vous en connaissez des histoires similaires de
débrouillardises qui donnent le mal de cœur.
Revenons au pays. Étudier aux Comores, c'est une paire de manche.
Ici, il n'y a pas de lumière publique dans les bas-fonds de Moroni où les
loyers sont abordables compte tenu du montant alloué aux boursiers (40.000fc/
mois), pas de vendeuse de protéines à bon marché, pas de cuistot à corrompre
mais on y trouve par contre beaucoup de charlatans et de proxénètes pour un
marché déjà saturé.
Que faire donc pour payer les études si la bourse ne rentre pas? Pour avoir eu
à composer avec des boursiers de l'école nationale de santé, je vois venir la
misère de ces « cobayes »qui doivent habiter et étudier à Moroni, une des
capitales la plus chère de l'hémisphère sud.
Les filles en principes s'en sortent assez bien, surtout du côté esthétique.
Encadrées par les « tontons », les « cousins », les « prof », les « taximan »
les « boutiquiers », etc, elles mangent à leur faim et sont mieux logées. Mais
paradoxalement, ce sont elles qui ont de la difficulté à suivre leurs études
parce que tout simplement elles doivent passer plus du temps en dehors de la
bibliothèque en voulant répondre aux multiples rendrez-vous de leurs
créanciers. Personnellement, je ne vois pas comment elles pourront faire
autrement après plusieurs mois passer sans bourses, plusieurs jours sans
manger et sans moyens pour se déplacer. Mettez le blâme ailleurs car ce
qu'elles subissent n'a rien de romantique.
La faillite du système éducatif les y oblige et la concurrence est dure dans
un pays à « guichet unique ».
Les plus choyés sont les étudiants en médecine. Dès leur admission à la fac,
certains se positionnent en spécialiste des grossesses non désirés. Un petit
coup de curette et hop! On empoche l'équivalent de un mois ou deux mois de
bourses. Exit l'éthique, la religion et le serment d'Hippocrate because,
ventre affamé n'a point d'oreille. Qui donc sera le responsable de ces
meurtres programmés?
Ce cycle infernal se perpétue même après leurs études car, étudiants et
étudiantes ont pris goût de la chose. Les unes ont été habituées à payer
certains droits libidineux pour accéder facilement dans la sphère des « gens
biens » et les autres à gagner rapidement l'argent nécessaire pour entretenir
le train de vie que confère leur nouveau statut.
Soyons optimiste! Moroni ce n'est ni Yaoundé ni Antananarivo ni Conakry.
Autrement dit, nos familles élargies sont des bonnes samaritaines qui ne
laisseront jamais tomber les leurs. Mais pour combien de temps? Avec quel
moyen? Ces réalités qui guettent nos « germes » dans ce processus
d'acquisition de connaissances de haut niveau nous interpelle tous. Il n'y a
pas lieu de se sentir fautif de les évoquer comme il n'est pas interdit de
penser que si demain ces milliers d'étudiants descendent dans les rues pour
réclamer un enseignement de qualité, on ne leur répondra pas par des balles
réelles puisque les gouvernements du monde entier savent que les universités
sont des QG des contestataires capables de les déstabiliser. Or, à Moroni, on
n'aime pas les contestataires surtout lorsqu'on vient de leur offrir un haut
lieu du savoir.
C'est pour toutes ces raisons qu'il faut continuer le débat public dans
l'espoir de convaincre nos dirigeants à mettre de l'ordre dans les finances
publiques, à revoir leurs priorités et À mettre fin à leurs querelles
mesquines afin d'éviter à nos jeunes et à leurs familles, encore une fois, des
sacrifices utiles. Ce débat permettra aussi aux étudiants de voir plus
clairement le contexte dans lequel vont se dérouler leurs études et de prendre
conscience de l'exiguïté du portique qui même sur le marché du travail une
fois leurs études achevées.
Il serait donc faux de chercher à tout prix à masquer la vérité en leur
faisant miroiter un cursus sans encombre alors que nos institutions scolaires
publiques, encore fonctionnelles, affichent des performances médiocres Il
n'est donc pas étonnant de constater que nos élites n'y envoient jamais leurs
enfants. Les enverront-ils faire leur médecine, par exemple, à l'université
des Comores?
Il ne faut pas non plus laisser la culpabilité ronger nos esprits critiques de
peur de se voir désigner comme fauteur de trouble. La situation est assez
préoccupante pour se taire car il s'agit cette fois-ci non pas de la vente
d`un quelconque patrimoine mais de la préparation de la matière grise sensée
nous sortir, demain, du sous- développement et rehausser notre « BONHEUR
NATIONAL BRUT » qui s'est nettement détérioré ces cinq dernières années.
Pour finir, nous devons conserver notre ardeur en espérant que ce projet yinu
tsi mswalata wa nkomba tsena. En vérité, ce que nous donnerons à nos
étudiants, déterminera la qualité de leurs enseignements et par ricochet,
notre qualité de vie de demain.
Ben
Réserve de Matimékush
Grand Nord
Québec - Canada
Intervention parue dans notre
forum de discussion HABARI le 20/02/2004
par
daminawe daminawe@yahoo.fr
Bonsoir.
L'université nationale des Comores a été inaugurée ce mercredi par le
Président de l'Union pour mettre un terme aux humiliations devant les
chancelleries étrangères pour les visas nécéssaires aux bacheliers comoriens
désirant se rendre ailleurs pour étudier.
Le lycéen comorien est comblé d'aise puisqu'il trouvera tout sur place pour
assouvir ses besoins de connaissance et élargir son domaine du savoir.
Les diplômés, les cadres et les gourous seront taillés sur mesure pour
répondre aux exigeances et aux besoin du pays selon la politique educative
définie par nos politiques.C'est fini la dispersion et la disparition de nos
cols blancs dans des horizons lointains et incertains;
Cet établissement de prestige compte 1707 étudiants. Il me plaît à penser que
les autorités locales ont pris toutes les mesures nécessaires et
indispensables pour faciliter les conditions de vie pour les étudiants
anjouannais et mohéliens qui poursuivent leur cursus universitaire à la grande
comore; vous conviendrez avec moi qu'il n'est pas aisé de rentrer à Mrémani ou
à Nioumachoi après les dernier cours de droit constitutionnel..
Le 18/02 les portes de l'universités s'ouvrent avec frasques et paillettes.
Qu'il le reste le plus longtemps possible pour le plus plus grand bonheur des
futurs citoyens... Les mauvaises langues n'ont qu'à se taire.
Salutations habarinautique.
Intervention parue dans notre
forum de discussion HABARI le 12/10/2003
par Ahamadou MZE SOILIHI, Paris.
Le projet de l’université semble être décidé par le camp
Azali et une campagne fortement médiatisée est ouverte pour impressionner les
Comoriens. A entendre en parler et défendre par les ténors du régime de la
pseudo-union on pourrait être amené à penser qu’il s’agit là d’un projet
extraordinaire hors du commun, en même temps la médiatisation donnée à ce
projet pourrait inquiéter plus qu’un. Les plus pessimistes au régime pourrait
même se demander si un souffle et une santé électoral du régime Azali ne sont
pas recherchés à travers ce grand projet national à l’annonce des prochaines
élections législatives. En revanche, au-delà de son aspect politique, ce
projet ne mérite t-il pas un débat national pour mieux cerner ses contours ?
Car ne s’agit-il pas en réalité de la question du système d’enseignement
supérieur comorien d’une manière générale qui est posé à travers l’idée de
l’université ? Si tel est le cas où en est-on avec l’enseignement primaire et
secondaire ? Ne faut-il pas commencer par consolider ces derniers ? Beaucoup
de questions de même nature reviennent à l’esprit des comoriens en parlant de
l’université, à commencer par la question des professeurs et des enseignements
dispensés en passant par le budget de fonctionnement de cette grande
institution. Si des institutions politiques existaient, un débat à l’assemblée
aurait eu tout son importance car on aurait assisté à un débat national sur un
sujet qui concerne tous les Comoriens, au lieu de cela, l’on observe
simplement son improvisation par des mesures fiscales injustes qui
alourdissent la vie quotidienne des comoriens. Paradoxalement, comme si le
système politique actuel en avait besoin pour survivre, le pays reste depuis
bientôt cinq ans sans institutions politiques, alors même qu’une constitution
est votée pour diriger la nouvelle configuration de l’archipel. On assiste à
un pays dirigé par un exécutif de l’union, court-circuitant tous les pouvoirs
des îles, sans pouvoir législatif et sans pouvoir judiciaire par ce que
celui-ci dépendant d’un procureur directement nommé pour servir le président
de l’union. Ainsi, on se demande compte ténu de la situation politique
actuelle si les priorités du pays se situent dans la construction de cette
université ou bien si elles se situent d’abord sur la stabilité politique et
institutionnelle du pays. Une stabilité sans laquelle aucune véritable
initiative de progrès ne peut être mise à profit du pays.
Quels en sont les moyens et les objectifs de l’université ?
L’idée paraît séduisante en soit, elle est même porteuse d’une santé politique
au régime quand on voit à quel point elle est arguée pour justifier la hausse
des prix des produits de première nécessité des citoyens comoriens. A la
question de savoir si l’idée de l’université est-elle la priorité on peut être
amené à répondre à chaud par un oui volontaire compte tenu des difficultés
rencontrées par les bacheliers pour s’inscrire aux universités étrangères,
néanmoins on relève quelques nuances et quelques interrogations qui inquiètent
les pessimistes à la réalisation du projet. Parmi elles figurent d’une part la
question fondamentale des enseignements dispensés et des professeurs
susceptibles de dispenser ces enseignements. Quelle université pour quel
budget, et quel type d’enseignement pour atteindre quel but? Quels sont les
choix du gouvernement de l’union en matière de projet de développement de
notre pays ? En fonction de ces choix quels sont nos besoins immédiats et
avenir en matière de formation et d’éducation des jeunes ? L’université a
t-elle une mission précise par rapport aux besoins immédiats ou avenir du pays
? Le pays en a t-il investi pour préparer les professeurs nécessaires pour
enseigner dans cette université contrairement à ce qu’avaient fait les
promoteurs de l’école nationale supérieure de Vouni, de l’école nationale de
santé de Moroni, et de l’école nationale des instituteurs de Mutsamudu au sein
desquelles les enseignements étaient dispensés en majorité par des étrangers ?
Ainsi, on s’aperçoit bien que la question des objectifs de cette grande
institution doive trouver une réponse, aussi on s’en rend compte que le choix
des enseignements dispensés est inséparable aux projets du pays en matière de
développement économique, politique et sociale. Pour toutes ces raisons il est
essentiel qu’un débat ait lieu dans un environnement politique apaisé et que
les choix du pays en matière de financement soit intelligemment étudiés.
Et la question fondamentale des institutions politiques est reléguée au second
rang
Mis à part tous ces questionnements qui sont sans réponses à ce jour,
l’inquiétude des comoriens repose sur le flou artistique qui caractérise la
situation politique du pays. Le désaccord très flagrant qui existe entre le
pouvoir de l’union et les pouvoirs des îles autonomes pour mettre en place les
institutions politiques du pays. L’intransigeance du pouvoir de l’union de
contrôler tout le pays, et toutes les sociétés juteuses de l’Etat, conditionne
ce désaccord qui prend des dimensions à la limite du tolérable. Le péché
originel de cette situation remonte à plus d’un an lorsque le pouvoir
politique comorien à la quasi-unanimité, en adoptant une constitution de
blocage, croyait pouvoir se frayer un chemin pour se débarrasser du pouvoir du
dictateur. Le départ du dictateur était le préalable, et toute solution
pouvant aboutir à ce résultat devrait être utilisée y compris l’extrême
solution qui a aboutit à l’adoption d’une constitution de division.
Aujourd’hui, la constitution de blocage est adoptée, Azali s’accroche au
pouvoir et il en fait de la nouvelle constitution un outil pour semer une
confusion politique sans issue. Une politique de chaise vide reste la panacée
du gouvernement de la pseudo-union et les arrestations arbitraires pour
tentative de coups d’état ses seuls moyens de défense. Comme si le résultat
escompté par le pouvoir de la pseudo-union, c’était d’aboutir à un blocage
pouvant ramener les Îles à se séparer définitivement. Et cette situation est
très probable, d’autant plus probable que lors du dernier discours du 03 août
du Président de l’île d’Ajouan, Mohamed BACAR, celui-ci parlait je cite "
d’une union en cours " C’est à dire que l’union adoptée à travers la
constitution actuelle peut être mise en cause à tout moment. Donc, de ce point
de vue, si une priorité existait aux Comores ce ne serait pas en tout cas
celle de l’université, mais celle de la stabilité politique du pays, celle du
respect des institutions, et celle du respect de la démocratie et de la
chartre des droits de l’homme et des citoyens. Le gouvernement de la
pseudo-union fait tout le contraire, et il adopte une politique de surenchère
en mettant en avant des projets, telle l’université, susceptibles de détourner
l’opinion sur les choses essentielles. En même temps on assiste à une
augmentation des prix des produits de premier nécessités et la justification
se trouve dans la construction de l’université, selon les propos du ministre
de l’union délégué aux finances. Pourtant, le pays a connu une santé
économique avec une croissance du PIB moyenne de 2% depuis les cinq dernières
années. Où se trouvent cachés les fruits de cette croissance ?
Une hausse des prix était-elle nécessaire pour financer cette université ?
Le résumé de la politique économique du gouvernement de la pseudo-union est
une phrase : demander toujours plus de participation au plus démunis, ceux qui
ont du mal à subvenir aux besoins minimums de la vie. En effet, la hausse du
prix du riz, du transport, du pain etc. est un mauvais calcul économique qui
justifie la politiques économique aux abois du régime Azali. A chaque fois que
le régime veut renflouer les caisses pour fiancer ses voyages, il s’en prend
aux plus démunis. Paradoxalement, ces mesures ne font que casser le pouvoir
d'achat des ménages, ralentir la consommation, et stopper le rythme de
croissance déjà en baisse de l’économie. A l'opposé de ce que font les autres
pays, le gouvernement Azali, au lieu de soutenir la croissance, il est entrain
d'étouffer l'économie comorienne, alors qu'il n'a pas été en mesure de
profiter de la croissance économique de ces cinq dernières années, pour faire
des économies, baisser le chômage et investir dans des projets de
développement. Est-il nécessaire de rappeler que dans ces 5 dernières années
la croissance était au rendez-vous aux Comores comme partout ailleurs dans le
monde: 1,2 en 98; 1,9 en 99; -1,1 en 2000; 1,9 en 2001; 2,5 en 2002. En même
temps nos produits d’exportations se vendaient bien. La reprise du cours du
prix de la vanille depuis 1998 après l’épuisement du stock mondial de 1997, le
prix d'un Kg atteignait 6000 FC en 2001 contre 1500 FC en 1997; De même le
prix du girofle a connu une hausse considérable depuis 1999 suites à
l'effondrement des plantations indonésiennes. Le prix du KG atteignait 3000 FC
contre 235 FC en 1998. L'appréciation du dollar aussi a contribué à cette
croissance. D’autres raisons existent, car en 2001 un accord de pêche de thon
est conclu avec l'union européenne destiné aux programmes techniques et
scientifiques pour le développement de la pêche comorienne. Ce programme fait
rentrer dans les caisses de l'Etat des centaines de millions de FC. On ne
parle pas du projet "269" qui fait rentrer une somme d’à peu près équivalente
à celle des accords pêches. On ne veut pas non plus citer les plusieurs
milliards de FC qui rentrent suite aux taxes douanières, à la consommation du
pétrole, à la consommation du téléphone SNPT, à la consommation de
l'électricité Mamwe etc.
Et les dépenses ?
Sous la présidence de Djohar, nous disions que les recettes douanières
mensuelles, elles seules, suffisaient à couvrir toute la masse salariale des
fonctionnaires qui était évaluée à environ 600 millions FC à l'époque. Tout le
monde sait très bien que cette masse salariale mensuelle était largement
supérieure à celle comptabilisée aujourd'hui compte tenu de la baisse
significative des salaires constatée depuis l'arrivée de Azali. En 2001,cette
masse salariale était évaluée à 526 millions FC au lieu de 600 millions FC en
1998, alors que pendant et avant cette période on n'a enregistré aucun flux
financier entre Anjouan et Moroni, en période de crise séparatiste. Notre
étonnement c'est que les dépenses n'ont cessé, cependant, d'augmenter pendant
le régime Azali, passant par exemple, en millions de FC, de 17617 en 2000 à
22441 en 2001. En même temps l'inflation n'a cessé de croître: 3,5 en 98; 3,5
en 99; 4,8 en 2000; 5,9 en 2001 et elle a semblé être maîtrisée en décembre
2002 à 3%. Aujourd’hui le pays a perdu la maîtrise éphémère de cette inflation
suite aux dernières mesures de hausse des prix et des taxes.
Le financement de l’université doit être recherché ailleurs
On voit bien que l’état dispose d’autres marges de manœuvres économiques pour
financer cette université. Les preuves existent et la SNTP en a donné la
démonstration en finançant à elle seule le projet du téléphone mobile à
hauteur de 3 milliards de FC. Nous attendons impatiemment de la société des
hydrocarbures, et de la société de l’eau et de l’électricité, Mamwe, des
investissements analogues, dans le même domaine ou dans des domaines
économiques différents. Cet exemple de la SNTP montre bien qu’il suffise
d’imposer une gestion saine dans les sociétés d’Etat pour dégager des
économies monstrueuses pour financer d’autres activités économiques. Nous
attendons aussi des explications sur l’utilisation des recettes du projet «
accord pêche », et du projet « accord 269. Il semblerait, selon les propos du
ministre de l’union délégué aux finances, en réponse aux journalistes, à la
question portant sur les dépenses exorbitantes de l’Etat, lors d’une
conférence de presse, qu’un ministre ne peut pas marcher à pied. Certes, un
ministre ne peut pas marcher à pied mais à condition qu’il remplisse sa
mission de servir le pays, ce qui n’est pas le cas de nos ministres. En
revanche, il serait respectueux, compte ténu de la situation économique du
pays, que les ministres de la pseudo-union et les militaires donnent l’exemple
et revoient à la baisse les dépenses exorbitantes de l’Etat. Les voyages
inutiles qui ne rapportent rien à l’Etat doivent être revus à la baisse en
mettant en place des moyens de communication de la nouvelle technologie
actuelle, telle que la vidéoconférence, les courriers électroniques etc. De
même les dépenses exorbitantes liées à la consommation du carburant, à l’achat
des voitures de fonction de luxe, aux voyages privés, peuvent être revues à la
baisse jusqu’à niveau minimal acceptable.
Aussi, tout ceci suppose que l’ultime question des institutions politiques
soit résolue et que le gouvernement Azali, et tous les responsables du pays
acceptent de s’engager définitivement vers une voie de paix politique, sans
laquelle aucun projet sérieux ne peut être mis en oeuvre. Car cette paix
conditionne le présent et l’avenir du pays. Si la paix revient le débat sur
l’université sera ouvert et les moyens de la financer seront judicieusement
étudiés par nos parlementaires. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de prendre
des mesures injustes d’augmenter le prix du riz pour financer cette grande
institution. Car un kilogramme de riz ne peut pas financer une université de
façon durable.
Ahamadou MZE SOILIHI
Paris, le 12/10/2003
Intervention parue dans notre
forum de discussion HABARI le 14/10/2003
par Ibrahim ZAWADI.
Pourquoi Azali veut une Université à tout Prix?
Vous êtes sans doute nombreux à vous interroger non pas sur la nécessité et
l'utilité d'une université aux Comores, mais sur l'urgence et la manière dont
Azali veut la mettre en place; Nous allons tenter de vous livrer, ici, la
vraie motivation du pouvoir Azali. Mais tout d'abord quelques remarques: Azali
a pris soins d'ouvrir ce chantier en plein mois de juillet et août, période où
les comoriens sont très peu réceptifs des sujets de société car très occupés
dans les manifestations festives. Cette stratégie permet au pouvoir de bâcler
un sujet qui aurait pu en d'autres circonstances intéresser beaucoup de
comoriens. Les n° d'Al Watwan qui abordent ce dossiers( 792 à 796) sont
mystérieusement absents du site ( voir Archives). Ceci pour éloigner comme
d'habitude la diaspora qui, pourtant aurait un rôle important à jouer dans une
tel dossier tant sur le plan financier que en terme de ressources humaines(
enseignants...)
La vérité c'est que de toute évidence Azali se moque
pas mal de l'Education des jeunes comoriens. Dans son discours, lors de
l'atelier nationale relatif la création de l'université tenu à Moroni les 28
et 29 août au Palis du Peuple, Azali se livre à des aveux( voir Al watwan n°
792/793 page 3): " l'université ne doit pas être un parc à étudiants, un je ne
sais quel alibi pour retenir les étudiants dans notre pays limiter les
formations à l'étranger" Eh oui! en vérité l'Université est une alibi pour
attirer les fonds européens! En effet 80% du 9ièm FED sera consacré pour les
Comores à l'Education. Nous vous renvoyons au document dit de Stratégie de
Coopération et Programme Indicatif de l'accord entre l'UE et les Comores ( le
fameux document!!!) En un mot Azali voit en la création d'une université
fictive le moyen d'obtenir les fonds du 9ème FED!!!
Ibrahim ZAWADI
le 14/10/2003
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