Bacalauréat 1999
Ceux qui analysent les résultats du bacalauréat découvrent des réalités moins évidentes pour le commun des comoriens qui met les établissements dans le même panier. des disparités existent en effet entre le systeme public et le privé, mais aussi entre les écoles privées. Car si la moyenne nationale des admis est de 26%, trois écoles se distinguent très nettement. Comme chaque année le Groupe scolaire Fundi Abdoulhamid prend la tête avec 70 % de réussite et 13 mentions sur 27 attribuées. Il faut noter les performances réalisées cette année par l'Ecole Mougni Baraka qui avec 67,57% talonne Abdoulhamid et Olivier 64,20. Quatre autres établissements privés s'en sortent avec des résultats acceptables: Le Gymnase, Ecole privée Said Mohamed Cheick, "Avenir" et "la Fraternité" avec respectivement 48,05%, 48% de réussite.
Ce qui était le "prestigieux" Lycée Saïd Mohamed Cheick de Moroni est classé seizième avec 19,54% de réussite. Mais il faut le souligne, toutes les écoles privées ne font pas la fête du bac. La lanterne rouge est occupée par l'école privée Carrefour qui affiche 0 % de réussite sur dix candidats. Ces résultats révèlent une autre réalité, bien triste celle-la : le fossé qui se creuse entre les enfants des familles aisées et ceux des milieux défavorisés. Ceux qui ont les moyens de se payer les meilleurs écoles ont toutes les chances de réussir leurs études. L'enfant qui rentre a 3 ou 6 ans à Abdoulhamid à 18 ans. Une nouvelle réalité effrayante en perspective. Le pouvoir de l'argent et celui du savoir réservé a une minorité. Une fois encore, l'état se trouve mis devant ses responsabilités. La dégradation continue du système ne peut être interprétée que comme une démission de l'état de l'une de ses missions essentielles, celles de former ses enfants. Quel avenir pour un pays pauvre ou l'école se meurt au fil des années ?
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