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Medass, ce nom est indissociable de la photo aux
Comores, car c'est sans doute le plus productif, le plus connu, et le plus
publié des photographes comoriens :

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Medass,
Photographe officiel de la philatélie, des Télécartes, et de nombreux rapports
d'institutions Comoriennes, est un personnage hors du commun.
Il possède des milliers de pellicules non développées, il consomme
plusieurs rouleaux par jour ... mais son oeuvre reste largement méconnue
car non encore développée. On ne connaît de lui que quelques dizaines de
clichés, tous excellents, la plupart ont plus de 10 ans, ils sont passés
dans la légende de la photographie Comorienne mais Medass les garde
encore jalousement de peur d'être plagié ou dépossédé
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Rencontre avec Medass
entretien avec Eric MILAN le 19 octobre 2003
Medass c'est en fait la contraction de Ahmed Hassani,
je suis un enfant universel au service de l'humanité, j'aime être sincère,
direct, immédiat... comme les enfants. Je suis une solution humaine pour toute
l'humanité sans distinction de couleur de race et de religion.
Autrefois, j'étais enseignant de Math Physique, mais j'ai abandonné au bout
d'un an, et j'ai cherché à travailler pour les enfants, les enfants sont la
base de l'humanité.
si on vous a dit de me chercher dans la rue, c'est que je ne suis jamais chez
moi, car j'ai compris que seule l'image reste vivante.
C'est la douleur qui a fait ma force d'aujourd'hui, car c'est la douleur qui a
forgé ma vie :
Ma mère est morte à 17 ans à l'accouchement, mon père est mort à 38 ans alors
que j'avais 12 ans, la vie n'est rien d'autre qu'une souffrance.
Je suis souvent sous tension, sous pression au degré le plus haut de la
douleur, c'est là que j'arrive à exprimer mon talent artistique.
le monde entier attend beaucoup de moi
je dois trouver mon art pour qu'il ne soit pas lui aussi orphelin
Ici dans les îles, tout est fait pour la politique et il n'y a pas de place
pour la culture mais un jour la cloche finira par sonner. Je me suis entraîné
à faire du travail très intensif pour me préparer à cela.
J'ai des dizaines de milliers de prises de vues:
15000 oeuvres, sur le thème de l'enfant.
j'ai fait au moins 200 vues de la lune avec des angles différents, 500
couchers de soleil, la pêche traditionnelle vue de nuit, oui, j'ai passé la
nuit avec des pêcheurs
J'ai fait des photos sur les traditions, le mariage, les habits traditionnels,
les danses traditionnelles, les mouvements avec des vitesses qui immortalisent
le mouvement.
j'ai travaillé sur le côté social, les femmes comoriennes qui vont vendre des
pistaches, qui vont aux champs...
Je voudrais exposer à paris.
La France a beaucoup compté pour moi, Je lui en suis très reconnaissant car
elle m'a permis d'être un être humain reconnu dans sa dignité.
Paris est la capitale Culturelle, je voudrais toucher le sol parisien,
partager l'émotion de celui qui contribuera à la richesse de mon oeuvre. La
France peut jouer un rôle négatif ? non, si la France est négative, il y a une
autre raison, mais la force de l'oeuvre est là.
La France a donné une couleur positive à mon oeuvre, la France a tout misé sur
la politique, il y a eu des dérapages politiques, maintenant tout est bloqué,
nous sommes tous des victimes...
je veux être la voix de tous les enfants, indépendamment de la couleur, les
hommes sur terre ont des points communs, je ne cherche jamais l'image, je
travaille la culture, je travaille à fond le sujet : la femme, l'homme,
la faune et la flore, les animaux, etc...
Il n'y a pas de sujet fixe, juste le respect de la création - il y a quelque
chose qui bouge encore, la vie est éphémère et je cherche à fixer ce qui bouge
encore, voir les choses en profondeur; il faut être raisonnable, il faut être
proche du coeur, chercher une chose qui fixe, la vie est tellement courte
qu'il faut être capable de voir les choses de façon pointue; être capable
d'oublier son ventre, oublier que le moment est venu de se reposer alors qu'il
n'y a pas d'autre qui ont besoin de soi
Le but de cette quête est de laisser mon rêve se réaliser profondément et
sensiblement; Celui qui va prêter un moment à observer une galerie de tableaux
ne va pas rentrer chez lui avec regret. Il va apprendre quelques chose.
Se limiter aux Comores c'est freiner sa pensée; je veux être un serviteur de
toute l'humanité, un message universel car j'ai pour but de prêter un regard à
notre monde pour que tout un chacun trouve sa part de bonheur.
Le jour ou je vais vivre mon dernier souffle, ma pensée restera toujours
positive et permettra qu'on se souviendra un jour de Medass comme on se
souvient de Picasso. Mon
rêve c'est de venir apprendre à l'extérieur l'image numérique, pour élargir
mes connaissances et mes capacités, et pour mieux donner libre cours à mon
art.
Je voudrais une bourse d'où qu'elle vienne dans le monde, et un budget qui me
permettrai de venir apprendre à l'extérieur. Je serais ravi de faire un
pèlerinage dans la capitale de la culture. Ensuite, mon rêve serait de
bourlinguer à travers le monde pour permettre à mon oeuvre de s'exprimer.
Je crois, je suis même persuadé, que mon oeuvre est la solution....
et il y a aussi de l'amour pour autrui....
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