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Extrait de «Flamme Vive Eblouit mais ne dure !» : « Pour ce qui est de SOUDJA-OUMA Tra'mbwé, c'était le fils de Mbaé-Tra'mbwé et de Néma-Mouhaza. Il était de la Maison royale "HaMga"*. Djou'mba-Ouma et lui-même étaient cousins maternels*. Un jour, - c'était sous le règne de Djou'mba-Ouma - sa mère se trouvait dans son champ, au bord du sentier qui mène à Malé, au lieu-dit "Ha'mbobo". Elle surveillait la culture du coton. Car, à cette époque-là, les Ngazidja cultivaient beaucoup le coton ; ils confectionnaient, eux-mêmes, la moitié des vêtements qu'ils portaient*. Néma-Mouhaza, princesse royale Mdo'mbozi, était, donc, allée voir son champ de cotonniers... Soudain, elle aperçut Madi Dji'mba qui venait de Fou'mbouni et se dirigeait vers Malé. Elle l'interpella : "Oh ! MadiDji ! Pourrais-tu m'offrir une pièce d'étoffe ? Car j'en suis bien dépourvue !" L'autre lui demanda : "Et votre fils, où donc est-il ?" Elle lui dit qu'il ================================================================== M.31 se trouvait à Chi'ndini. "Envoyez-lui un message et dites-lui de venir me voir." C'est ce qu'elle fit. Soudja-Ouma se rendit à Fou'mbouni. Et, en ce temps-là, le pays était gouverné par Djou'mba-Ouma. Quand le fils de Néma-Mouhaza fut à Fou'mbouni, Madi Dji'mba le mit au pouvoir* ! Il régna donc, dirigeant le Mbadjini d'une main ferme, avec droiture et courage, déterminé à combattre pour son pays. C'est à cette époque-là que des Malgaches vinrent à Ngazidja pour y enlever des habitants. Et ce Soudja-Ouma, Dieu Tout-Puissant l'avait doté d'une grande intrépidité ! Ses sujets lui disaient parfois, en manière de plaisanterie : "Mais non ! Ce n'est pas que vous soyez si fort ! Si nous fuyons devant vous, c'est seulement à cause du respect que nous devons au sultan !" Un jour, donc, des Malgaches arrivèrent à Fou'mbouni*. A Mdroroni*, ils arpentèrent, d'abord, le sol, à grandes enjambées*, puis, ils ouvrirent les hostilités. Alors, Soudja-Ouma, prévenu, partit de chez lui, le sabre au clair, et descendit vers Mdroroni. Là, avec force gestes, il menaça les assaillants. Ils se battirent longtemps, et finalement, les Malgaches proposèrent de faire la paix. Ils dirent à Soudja-Ouma : "Nous ne reviendrons plus, ici, à Ngazidja !" Et, ce jour-là, ils s'allièrent à lui, par le serment du sang* : un Malgache se fit une incision au bras et Soudja-Ouma but de son sang. Le fils de Néma fit de même et le Malgache but de son sang.... Les Mbadjini demandèrent, alors, à leur sultan : "Ainsi, vous buvez le sang des Malgaches, maintenant ?" Et Soudja-Ouma de leur répondre : "Dieu Tout-Puissant a dit : Voici quels sont les serviteurs du Miséricordieux : ceux qui marchent humblement sur la terre et disent "Paix !" aux ignorants qui s'adressent à eux*." De ce jour, les Malgaches ne revinrent plus à Ngazidja*. Mais, à cette époque, » texte en chi-ngazidja M 80 Mingoni mwa wo oulézi wéma wa Hadidja né ché irou'mbi cha hahé zimfaï harimwa yé nkodo yinou ; na ndo houkaïa yeyé Hadidja, mingoni mowa zi hadimou za hahé yazibaliya, ho hè'nda Ndzouwani, _wakaïa waMakouwa waïli : yé mdzima wha'mbwa Zardéni yé wassaïa Tsikoubali. Bassi, wo waMakouwa wawaouzissa houkaïa mfaoumé wa haniou mingoni mwé madjabari ? Bassi, ré'ndré ramouwoué ? _ahé, Zardéni awadjibou houkaïa wola, tsi mfaoumé watrou cha wola, mdzadzé wa hatrou, sissi, wa'ndrou riliyo ha'ndouzatrou ridjiroumao, sissi, yessa ra'ndzawo. Bassi, wo wakati wola, Lopa haringué béramou, hè'ndé _o mwangadjouwou hé niou'mba ya Hadidja, haïkaza, ha'mbiya wa'ndrou wa hahé houkaïa yé niou'mba ya Bwéni Mdjéni, ntsi'ndjiyé hounou. Bassi, ndizo wahou'ndrou amani ho dahoni hahé, kodja'ndjilwa no waMakouwa. Ba'anda yé nkodo yidjouha Ndzouwani, wo wa'Ngazidja wakaïa Mwali, wa_éha djahazi, wè'ndé, wamringué, wam_éha Mwali, yé no wa'ndrou wa hahé. Bassi, ho hè'nda Mwali hahé, kadjahou'ndra mida mi'ndji yiho Mwali ndo hafariki douniya - Rahamatou Lwahi anlaïha - Bassi, ba'anda 1893, Wamounga hahé, wadja zao Ngazidja. Am'ma Wamga mwana wa Hadidja na Ouma Dari halélwa ho mouhononi wa mdzadzé wa hahé ===================================================================== woula, Soudja Ouma kadjaka houtwama'an houkaïa ndizo, yé Mbouchi, kanahoudja tséna. Bassi, ha'amdricha wa'ndrou waou'ndé yé ngomé. Wa'ndrou wa'ndissa houwou'nda yé ngomé ya Fou'mbouni. Bassi, yéyé, ndé yawou'nda yé ngomé, yaïtriya yé mizi'nga né magoba, yafania yina djitihadi yo'ntsi ya houziya yé ma'andui, watsidjo'ndjiya ho mdjini hahé. Mongoni mwa zé hadiqi za hahé, no oussoudja'an wa hahé ; hakaïa na mwanania yakaïa Ntibé wa'mbwa 191 . Bassi, Soudja Ouma hè'ndé houmlaouliya. Yissuiri wola ntibé hamninka amdri za sihana né Mbadjini. Öahé, Soudja Ouma hè'ndé ha'mbiya mbaba hahé houkaïa Yé mwanama ngounita'ambicho. Zé ndrongowo yana'mbiyao, kaïa'ndza yitawaliwa ! Öahé, mbaba hahé, Mbaé Tra'mbwé, hamhéziza dji'mbo, tsé linou :
Yiribwa yé chi'ndwa, tsi radaha Commentaire : PROTECTEURS et PROTEGES Les premières visées françaises sur Komoro, en général, et sur Ngazidja, en particulier, remontent à 1819 (mission Lelieur-Clève). L'installation à Maorè, en juin 1843, leur imprime un élan décisif et, dès novembre, "Mwigni-Mkouwou", alors aux prises avec Fou'mbavou, devient le sultan protégé des Français qui lui rendent visite. L'alliance entre les autorités françaises et le matriclan Matswa-Piroussa (ou une de ses factions) se forge autour du trio Ahmed - S.Omar - S.Ali et se manifeste, constamment : aide alimentaire en 1846, aide militaire en 1849, recrutement de main-d'oeuvre ngazidja en 1859-62, intervention à Mdé en 1864, soutien diplomatique en 1869 et 1873, militaire en 1871. L'éducation primaire, donnée au jeune S.Ali, de 1867 à 1870, à Maorè, entre dans ce plan et explique la faveur dont jouit, très tôt, le fils de S.Omar et petit-fils de "Mwigni-Mkou", né en 1855. Col. Colomb (15 janv. 1871) : "S.Ali est intelligent, il a de l'énergie // il fera prospérer la civilisation chez lui // excitera le travail et le commerce//" Cdt sup. Ferriez (9 oct. 1875) : "S.Ali est un jeune homme // à l'air sérieux // aux moeurs douces et polies // il a su s'attirer l'estime et la sympathie de toute le monde. Les autorités françaises, à Mayotte, mettent d'autant moins en doute l'authenticité du testament, fabriqué par S.Omar, à partir d'un blanc-seing laissé par "Mwigni-Mkou", et désignant S.Ali comme son héritier politique qu'elles ont déjà arrêté leur décision. Cdt Ferriez (16 mai 1881) : "Depuis plus de 6 ans que je connais // votre fils // je n'ai jamais cessé de m'intéresser à sa cause." (9 oct. 1875) : "Aider S.Ali à monter sur le trône du Ba'mbao // serait le seul moyen de pouvoir recruter facilement // des travailleurs à la Grande Comore." Le jeune ambitieux apprécie cet appui tutélaire, en jouit, s'en prévaut et l'invoque, à Zanzibar (1874, 1878) et jusqu'en Egypte (1877). Il ne doute pas d'en bénéficier, sa vie entière, et appelle, de ses voeux et de ses démarches, l'instauration sur l'île d'un protectorat français qui, dans son esprit, consacrerait sa prééminence (15 janv, 17 mars et 20 août 1883, 10 janv. 1885). Cependant, l'état des relations internationales ne permet guère aux gouvernements français d'avancer, brutalement, dans leur projet et suscite, plutôt, des attitudes, alternées, d'activisme et d'attentisme : * en oct. 1871, Ducurron Lagougine prend Itsandra-ville ; * le 9 sept 1881, le Ministre de la Marine et des Colonies Cloué préconise une abstention rigoureuse, afin de ne pas éveiller les susceptibilités de Sa Majesté Britannique ; * le 12 nov. 1883, le Ministre repousse la demande de S.Ali et se dit "inquiet des compétitions internationales" dont la Grande-Comore est l'objet ; * le 8 fév. 1884, le Cdt. Ferriez affecte de considérer S.Ali, vainqueur de Msafoumou, comme le simple sultan du Ba'mbao. Dans ces conditions, l'arrivée à Maorè, puis, à Ngazidja, le 5 sept. 1884, du botaniste L.Humblot, chargé d'une mission scientifique par le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, est une aubaine. Le Cdt de Mayotte, Ferriez, le recommande, aussitôt, à S. Ali qui fait de lui son mandataire, dès le 6 décembre. Car les particuliers ont les mains libres et il convient de prendre de vitesse Hachim et Alawi qui, de leur côté, en juil. 1884, consultent les Allemands à Zanzibar. D'autant que la Conférence de Berlin s'ouvre, en novembre, et va privilégier les puissances qui pourront se prévaloir d'être les premiers occupants, directs ou indirects (par leurs nationaux), des territoires convoités ! Cependant, en 1885, après la Conférence de Berlin, close en février, et malgré l'avancée française à Madagascar (traité du 17 déc. 1885, imposé à Raïnilaïarivouny), rien n'est vraiment scellé. Mais, à Paris, en juillet-août, L.Humblot suscite et rapproche des intérêts divers : ceux de S.Ali, ceux du ministère Freycinet et ceux des financiers contactés. Les événements le servent, d'ailleurs, puisqu'il arrive, à Ngazidja, via Maorè, avant que S.Ali ne soit, complètement, renversé par Hachim... La signature de la "Convention commerciale" qu'il propose, le 5 nov. 1885, engage, donc, un S.Ali, assiégé et aux abois, qui n'a plus rien à perdre ni à refuser, et un Etat Français qui cautionne, implicitement, l'accord en prêtant un navire de guerre (le "Boursaint"), comme théâtre, et des fonctionnaires, comme témoins. Dans ce marché triangulaire, chaque partie entend, visiblement, utiliser et duper l'autre qui ne l'ignore, d'ailleurs pas, (voir le texte du contrat en A2). La convention, dans son contenu, est si déséquilibrée, irréaliste et irraisonnable, qu'elle devait, fatalement, ouvrir une ère de contestations et de conflits judiciaires entre les signataires.
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