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EDITIONS DJAHAZI

FICHE TECHNIQUE DJAHAZI  03
FLAMME VIVE ÉBLOUIT  mais ne dure !
Histoire de Ngazidja, du Mbadjini et du matriclan royal Mdo’mbozi
rapportée par Abdou MsaChahidi 1968.

 

Format 24 x 16 cm pour 525 g. ; couverture quadri-colore, 308 pages dont 79 illustrations (photos anciennes, cartes, schémas, tableaux, figures généalogiques) ; commentaire achevé en 1989
sur pages bleues : à gauche, présentation en caractères latins et en chi-ngazidja du manuscrit (mais l’original a été écrit en caractères arabes par l’auteur Abdourrahim Msa) ; à droite, traduction française de texte chi-ngazidja ; en bas de page, à gauche et à droite : notes explicatives.
sur pages blanches : présentation et conventions, compléments aux notes explicatives, commentaire critique (20 chapitres) + annexes et essai de chronologie.
imprimé à Maurice en 2002
ISBN 2950885624


Thème : La France qui s’est installée au sud de Komoro en 1843, ne progresse que lentement et difficilement sur les îles du nord. Son avancée se trouve contrariée par la présence et l’influence britanniques dans la région. A Ngazidja, la voie paraît plus libre mais la lutte entre les 2 chaînes de factions y est plus intense qu’ailleurs. L’alliance nouée avec Mwigni-Mkou, dès 1843, ne suffit pas à assurer l’emprise française sur l’île. Il y faudra la présence d’un naturaliste aventurier et entreprenant pour servir de prétexte à l’intervention militaire française. Encore faudra-t-il aux autorités françaises, via Mayotte, faire éliminer successivement Msafoumou Féfoumou (1883), puis Hachim Mwigni (1889) puis S.Ali S.Omar (1893), avant de contrôler Ngazidja et de s’attaquer enfin à L.Humblot lui-même, devenu encombrant …

Auteurs : ABDOURRAHIM Moussa Chahidi a achevé, en 1968, de rédiger la geste du dernier Sultan indépendant de Ngazidja, son glorieux aïeul Hachim Ahmed, d’après le témoignage d’un participant aux guerres et aux combats livrés de 1882 à 1889, TABIBOU Ahamadi du matriclan Souloulou. Son manuscrit rapporte pour l’essentiel ce que furent la vie et les guerres féodales à Ngazidja, durant plus de 3 siècles.

Présentation par Kari-Ngama :  Sommaire général / Situations géographiques Carte de Ngazidja / Le Mbadjini, tiers angle  / «Invention » du Manuscrit, Auteurs, Circonstances  / Aspects du Manuscrit / Traductions libre et textuelle / Présentation et conventions graphiques / Effort et Technique de datation

Manuscrit d’Abdourrahim Moussa : Les Fondatrices (1560) /  Histoire de Féfoumou Mwa’ndzé le Sincère (1600-1640) /  Histoire de Fou’mbouni (1605) /  Histoire de Mcha’ngama Mna-Ilézo (1640-1650) / Règne de Bwana-Foumou le Casanier (1655-1675) / Règne de Dari nTibé l’Infernal (1675- 1695) / Les Trois Branches du Tronc Mdo’mbozi / Le Mbadjini, seul contre tous. / Règne de Djou’mbou Ivouwa (1696-1716) / Histoire de Msafoumou Mahamé l’Inusable (1730-40, 1758-70) / Histoire de Mwa’mba’ntsi le Conquérant (1780-90) / Histoire de l’Annexion du Do’mba (1783) / La Succession de Foumou-Ouma (1822-28, 1840-42, 1846-48) / Règne de Djou’mba-Ouma (1790-95) / Rivalité de Foumou-Ouma et Mwigni-Mba’mba (1820-30) / Histoire de Soudja-Ouma Tra’mbwé le Brave (1795-1810, 1828-30, 1837-40) / Ouma Dari le Magnanime  (1810-84, 1852-72,1877-80) / Histoire de la Sultane Eclairée Hadidja (1854-93, 1872-77) / Histoire et Règne de Hachimou le Flamboyant (1880-89) / L’Arrivée de S.Ali dans le Mbadjini (1879) / L’Alliance entre Hachim et S.Ali (1880-83)  / Msafoumou Féfoumou assiège Mouroni (mars-août 1882) /  Récit relatif à Hila Foum’ma Mwanlim (oct. 1882) / La Prise de Ntsoudjini (20 nov. 1882)  / La Reddition de Msafoumou Féfoumou (29 jan. 1883)  / La Mort de Msafoumou le Pieux (06 fév. 1883) / Histoire des Sultans Hachim et S.Ali (1883-85) / S.Ali bat en Retraite (oct. 1885) / La Bataille de Zilimadjou (07 jan. 1886) / Hachim exilé à Diégo-Suarez (02 fév. 1887) / Le Retour de Hachim (13 fév. 1889) / La Mort de Hachim (18 juin 1889) / La Mort de Mzadé-Mbadjini (nov. 1880) / L’Exil et la Mort de Hadidja «Mwigni» (1890-93) / Histoire de S.Ali et Wamga (1887-93) / La Mort de Mfaoumé-Madjouwani (18 juin 1889) / Second Mariage, Mort et Progéniture de Wamga Ouma  / Les Trois Princesses du Mbadjini  / Histoire du Prince  S.Housséni S.Ali (1889-1915) / Les Troubles du Mboudé (1915)                / La Vie ultérieure de S.Housséni (1918-68) / Les Enfants de Wamga et Mdaouhoma  / La Descendance de Hadidja et Alawi

Commentaire de Kari-Ngama : le manuscrit : description, fiabilité, valeur  / l’Ordre Féodal / Sources et Instauration / Institution et Fonctionnement / le Pacte Féodal / la Féodalisation du S.O.C. / la Production Globale  /  la Propriété  /  Classes et Catégories Sociales / Le Jeu du Sabre et de la Rondache / l’Irradiation / l’Enjeu et les Normes  / Syncrétismes et Singularités  / l’Implosion du Système : Germes de Désintégration  /  la Goutte d’eau et l’Océan  / Apogée, Déclin, Chute / Protecteurs et Protégés / une Alliance Paradoxale  / Résistances et Rejets  / Persistances Idéologiques

Pièces annexes : Plan et vue de Fou’mbouni  / Carte du Mbadjini  / Le vieux Fou’mbouni / Wamga Ouma et ses demi-soeurs / Tableau Généalogique du Matriclan Mdo’mbozi  / Classes Socio-Politiques : Dominateurs et Dominés / S.Ali du Ba’mbao et son Armée /  S.Ali et son Père S.Omar / S.Ali et son état-major en 1885 / Convention Commerciale du 6 nov. 1885 / Le Traité de Protectorat franco-ngazidja (6 janv. 1886)  / Convention d’Organisation Administrative du 6 janv. 1892 / Le Protectorat sous L.Humblot / S.Ali en exil / Le Prince S.Housséni S.Ali en 1947, 1959, 1970 / Index des Noms Propres mentionnés dans le Manuscrit / Essai de chronologie (1560-1891) / Bibliographie succincte.

Appréciations  : «Le fond, le plus important, est tout à fait remarquable. J’admire notamment le travail de datation, fruit de multiples et longues comparaisons. Je suis d’accord avec vous sur l’intérêt des notes [complémentaires].» [Sophie Blanchy 2003]

 

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Extrait de  «Flamme Vive Eblouit mais ne dure !» :

« Pour ce qui est de SOUDJA-OUMA Tra'mbwé, c'était le fils de Mbaé-Tra'mbwé et de Néma-Mouhaza. Il était de la Maison royale "HaMga"*. Djou'mba-Ouma et lui-même étaient cousins maternels*.

                        Un jour, - c'était sous le règne de Djou'mba-Ouma - sa mère se trouvait dans son champ, au bord du sentier qui mène à Malé, au lieu-dit "Ha'mbobo". Elle surveillait la culture du coton. Car, à cette époque-là, les Ngazidja  cultivaient beaucoup le coton ; ils confectionnaient, eux-mêmes, la moitié des vêtements qu'ils portaient*. Néma-Mouhaza, princesse royale Mdo'mbozi, était, donc, allée voir son champ de cotonniers...

            Soudain, elle aperçut Madi Dji'mba  qui venait de Fou'mbouni et se dirigeait vers Malé. Elle l'interpella : "Oh ! MadiDji ! Pourrais-tu m'offrir une pièce d'étoffe ? Car j'en suis bien dépourvue !"   L'autre lui demanda : "Et votre fils, où donc est-il ?"  Elle lui dit qu'il

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M.31

                                                                                                                           se trouvait à Chi'ndini. "Envoyez-lui un message et dites-lui de venir me voir." C'est ce qu'elle fit.

            Soudja-Ouma se rendit à Fou'mbouni. Et, en ce temps-là, le pays était gouverné par Djou'mba-Ouma. Quand le fils de Néma-Mouhaza fut à Fou'mbouni, Madi Dji'mba le mit au pouvoir* ! Il régna donc, dirigeant le Mbadjini d'une main ferme, avec droiture et courage, déterminé à combattre pour son pays.

            C'est à cette époque-là que des Malgaches vinrent à Ngazidja pour y enlever des habitants. Et ce Soudja-Ouma, Dieu Tout-Puissant l'avait doté d'une grande intrépidité ! Ses sujets lui disaient  parfois, en manière de plaisanterie : "Mais non ! Ce n'est pas que vous soyez si fort ! Si nous fuyons devant vous, c'est seulement à cause du respect que nous devons au sultan !"

            Un jour, donc, des Malgaches arrivèrent à Fou'mbouni*. A Mdroroni*, ils arpentèrent, d'abord, le sol, à grandes enjambées*, puis, ils ouvrirent les hostilités. Alors, Soudja-Ouma, prévenu, partit de chez lui, le sabre au clair, et descendit vers Mdroroni. Là, avec force gestes, il menaça les assaillants. Ils se battirent  longtemps, et finalement, les Malgaches proposèrent de faire la paix.

         Ils dirent à Soudja-Ouma : "Nous ne reviendrons plus, ici, à Ngazidja !" Et, ce jour-là, ils s'allièrent à lui, par le serment du sang* : un Malgache se fit une incision au bras et Soudja-Ouma but de son sang. Le fils de Néma fit de même et le Malgache but de son sang....

            Les Mbadjini demandèrent, alors, à leur sultan :  "Ainsi, vous buvez le sang des Malgaches, maintenant ?"  Et Soudja-Ouma  de leur répondre : "Dieu Tout-Puissant a dit : Voici quels sont les serviteurs du Miséricordieux : ceux qui marchent humblement sur la terre et disent "Paix !" aux ignorants qui s'adressent à eux*."

       De ce jour, les Malgaches ne revinrent plus à Ngazidja*. Mais, à cette époque,                    » 

texte en chi-ngazidja

M 80

            Mingoni mwa wo oulézi wéma wa Hadidja né ché irou'mbi cha hahé zimfaï harimwa yé nkodo yinou ; na ndo houkaïa yeyé Hadidja, mingoni mowa zi hadimou za hahé yazibaliya, ho hè'nda Ndzouwani, _wakaïa waMakouwa waïli : yé mdzima wha'mbwa Zardéni yé wassaïa Tsikoubali.

            Bassi, wo waMakouwa wawaouzissa houkaïa mfaoumé wa haniou mingoni mwé madjabari ? Bassi, ré'ndré ramouwoué ? _ahé, Zardéni awadjibou houkaïa wola, tsi mfaoumé watrou cha wola, mdzadzé wa hatrou, sissi, wa'ndrou riliyo ha'ndouzatrou ridjiroumao, sissi, yessa ra'ndzawo.

            Bassi, wo wakati wola, Lopa haringué béramou, hè'ndé _o mwangadjouwou hé niou'mba ya Hadidja, haïkaza, ha'mbiya wa'ndrou wa hahé houkaïa yé niou'mba ya Bwéni Mdjéni, ntsi'ndjiyé hounou. Bassi, ndizo wahou'ndrou amani ho dahoni hahé, kodja'ndjilwa no waMakouwa.

            Ba'anda yé nkodo yidjouha Ndzouwani, wo wa'Ngazidja wakaïa Mwali, wa_éha djahazi, wè'ndé, wamringué, wam_éha Mwali, yé no wa'ndrou wa hahé. Bassi, ho hè'nda Mwali hahé, kadjahou'ndra mida mi'ndji yiho Mwali ndo hafariki douniya - Rahamatou Lwahi anlaïha - Bassi, ba'anda 1893, Wamounga hahé, wadja zao Ngazidja.

            Am'ma Wamga mwana wa Hadidja na Ouma Dari halélwa ho mouhononi wa mdzadzé wa hahé

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woula, Soudja Ouma kadjaka houtwama'an houkaïa ndizo, yé Mbouchi, kanahoudja tséna. Bassi, ha'amdricha wa'ndrou waou'ndé yé ngomé. Wa'ndrou wa'ndissa houwou'nda yé ngomé ya Fou'mbouni. Bassi, yéyé, ndé yawou'nda yé ngomé, yaïtriya yé mizi'nga né magoba, yafania yina djitihadi yo'ntsi ya houziya yé ma'andui, watsidjo'ndjiya ho mdjini hahé.

            Mongoni mwa zé hadiqi za hahé, no oussoudja'an wa hahé ; hakaïa na mwanania yakaïa Ntibé wa'mbwa    191     . Bassi, Soudja Ouma hè'ndé houmlaouliya. Yissuiri wola ntibé hamninka amdri za sihana né Mbadjini. Öahé, Soudja Ouma hè'ndé ha'mbiya mbaba hahé houkaïa Yé mwanama ngounita'ambicho. Zé ndrongowo yana'mbiyao, kaïa'ndza yitawaliwa ! Öahé, mbaba hahé, Mbaé Tra'mbwé, hamhéziza dji'mbo, tsé linou :

Yiribwa yé chi'ndwa, tsi radaha
Yé radaha yéka kaïha, kafoukouwa
Kadoungou houÖessa watrotro mahiyo
Yiribwa woutsina sa'ntsa kazi'ndaza
Wouwo woudjira wa nanga ntsi wahahé
 

Commentaire :

 PROTECTEURS et PROTEGES

             Les premières visées françaises sur Komoro, en général, et sur Ngazidja, en particulier, remontent à 1819 (mission Lelieur-Clève). L'installation à Maorè, en juin 1843, leur imprime un élan décisif et, dès novembre, "Mwigni-Mkouwou", alors aux prises avec Fou'mbavou, devient le sultan protégé des Français qui lui rendent visite.

                                            L'alliance entre les autorités françaises et le matriclan Matswa-Piroussa (ou une de ses factions) se forge autour du trio Ahmed - S.Omar - S.Ali et se manifeste, constamment : aide alimentaire en 1846, aide militaire en 1849, recrutement de main-d'oeuvre ngazidja en 1859-62, intervention à Mdé en 1864, soutien diplomatique en 1869 et 1873, militaire en 1871.

             L'éducation primaire, donnée au jeune S.Ali, de 1867 à 1870, à Maorè, entre dans ce plan et explique la faveur dont jouit, très tôt, le fils de S.Omar et petit-fils de "Mwigni-Mkou", né en 1855.

             Col. Colomb (15 janv. 1871) : "S.Ali est intelligent, il a de l'énergie // il fera prospérer la civilisation chez lui // excitera le travail et le commerce//"

             Cdt sup. Ferriez (9 oct. 1875) : "S.Ali est un jeune homme      // à l'air sérieux // aux moeurs douces et polies // il a su s'attirer l'estime et la sympathie de toute le monde.

             Les autorités françaises, à Mayotte, mettent d'autant moins en doute l'authenticité du testament, fabriqué par S.Omar, à partir d'un blanc-seing laissé par "Mwigni-Mkou", et désignant S.Ali comme son héritier politique qu'elles ont déjà arrêté leur décision.

                  Cdt Ferriez (16 mai 1881) : "Depuis plus de 6 ans que      je connais // votre fils // je n'ai jamais cessé de m'intéresser à sa cause."

             (9 oct. 1875) : "Aider S.Ali à monter sur le trône du Ba'mbao // serait le seul moyen de pouvoir recruter facilement // des travailleurs à la Grande Comore."

             Le jeune ambitieux apprécie cet appui tutélaire, en jouit, s'en prévaut et l'invoque, à Zanzibar (1874, 1878) et jusqu'en  Egypte (1877). Il ne doute pas d'en bénéficier, sa vie entière, et appelle, de ses voeux et de ses démarches, l'instauration sur l'île d'un protectorat français qui, dans son esprit, consacrerait sa prééminence (15 janv, 17 mars et 20 août 1883, 10 janv. 1885).

             Cependant, l'état des relations internationales ne permet guère aux gouvernements français d'avancer, brutalement, dans leur projet et suscite, plutôt, des attitudes, alternées, d'activisme et d'attentisme :

                        * en oct. 1871, Ducurron Lagougine prend Itsandra-ville ;

            * le 9 sept 1881, le Ministre de la Marine  et des Colonies   Cloué préconise une abstention rigoureuse, afin de ne pas         éveiller les susceptibilités de Sa Majesté Britannique ;

            * le 12 nov. 1883, le Ministre repousse la demande de S.Ali   et se dit "inquiet des compétitions internationales" dont               la Grande-Comore est l'objet ;

            * le 8 fév. 1884, le Cdt. Ferriez affecte de considérer  S.Ali, vainqueur de Msafoumou, comme le simple sultan du Ba'mbao.

             Dans ces conditions, l'arrivée à Maorè, puis, à Ngazidja, le 5 sept. 1884, du botaniste L.Humblot, chargé d'une mission scientifique par le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, est une aubaine. Le Cdt de Mayotte, Ferriez, le recommande, aussitôt, à S. Ali qui fait de lui son mandataire, dès le 6 décembre. Car les particuliers ont les mains libres et il convient de prendre de vitesse Hachim et Alawi qui, de leur côté, en juil. 1884, consultent les Allemands à Zanzibar. D'autant que la Conférence de Berlin s'ouvre, en novembre, et va privilégier les puissances qui pourront se prévaloir d'être les premiers occupants, directs ou indirects (par leurs nationaux), des territoires convoités !

             Cependant, en 1885, après la Conférence de Berlin, close en février, et malgré l'avancée française à Madagascar (traité du 17 déc. 1885, imposé à Raïnilaïarivouny), rien n'est vraiment scellé. Mais, à Paris, en juillet-août, L.Humblot suscite et rapproche des intérêts divers : ceux de S.Ali, ceux du ministère Freycinet et ceux des financiers contactés. Les événements le servent, d'ailleurs, puisqu'il arrive, à Ngazidja, via Maorè, avant que S.Ali ne soit, complètement, renversé par Hachim...

             La signature de la "Convention commerciale" qu'il propose, le 5 nov. 1885, engage, donc, un S.Ali, assiégé et aux abois, qui n'a plus rien à perdre ni à refuser, et un Etat Français qui cautionne, implicitement, l'accord  en prêtant un navire de guerre (le "Boursaint"), comme théâtre, et des fonctionnaires, comme témoins.

           Dans ce marché triangulaire, chaque partie entend, visiblement, utiliser et duper l'autre  qui ne l'ignore, d'ailleurs pas, (voir le texte du contrat en A2). La convention, dans son contenu, est si déséquilibrée, irréaliste et irraisonnable, qu'elle devait, fatalement, ouvrir une ère de contestations et de conflits judiciaires  entre les signataires.