Anjouan :  le journal de 21 h de Radio Dzialandzé censuré

 

 

Radio Dzialandzé, la principale  radio libre de Mutsamudu,  a suspendu, depuis le 13 janvier  dernier, son journal de 21 h 00. C'était pour respecter un arrêté du ministre de l'Information  qui assigna la Direction de la station  à " appliquer strictement le règlement intérieur et les statuts de la station ".

En effet, dans son arrêté, le ministre Djanffar Salim constate qu'à plusieurs reprises la station ne cesse de diffuser "des programmes non conformes aux statuts et règlement intérieur". Par conséquent, il demande aux responsables de conformer, avant toute diffusion, ces programmes  avec les textes qui régissent la station. Le ministre demande aussi, dans cet arrêté, de suspendre le journal jusqu'à nouvel ordre.

La suspension unilatérale de ce journal présenté par Tex Mohamed  tous les jours à 21 h 00 avait surpris  beaucoup de gens. Pour éviter tout équivoque, le journaliste ne traitait que de l'actualité internationale. Et plus précisément de l'actualité du Golfe.  Et il semble que ce programme était suivi par des milliers d'auditeurs.  Les responsables de RDM (Radio Dzialandzé Mutsamudu) comprennent mal alors les motifs de cette censure.

Les responsables de la station estiment par ailleurs que si le ministre s'en est pris ainsi à leur station, c'est en raison d'une intervention faite dernièrement par Dr Zaidou lors de la grève des médecins. Ayant demandé l'antenne pour expliquer à la population les raisons exactes qui ont poussé les médecins à arrêter le travail,  Dr Zaidou  aurait poussé le bouchon trop loin. Il aurait, en quelque sorte, répliqué à des déclarations que le ministre de la Santé avait faites à RTA ( Radio Télé Anjouan). Cette intervention de Dr Zaïdou avait  relancé ainsi la polémique sur les  problèmes de susceptibilités régionales. Des notables de Sima, ville natale du ministre Fadhula Said Ali, se disant choqués par les propos de Dr Zaidou avaient voulu réagir. Ils avaient demandé d'utiliser les ondes de la RTA pour, semble-t-il, lui répondre. Mais la direction de la station gouvernementale leur a opposé une fin de non recevoir.

Cependant, ceci n'a pas pu mettre fin à la polémique. Pour sa part, le ministre de l'Information qui a beaucoup été sollicité sur ce sujet  a donc fini par prendre des sanctions contre la station qui s'était donnée en une nuit des airs de liberté. Des responsables de la station  craignent que cette suspension momentanée  ne soit définitive.