Anjouan : le corps inanimé d'un garçon retrouvé
cinq heures de temps après sa disparition
Le corps d'un petit garçon de deux ans fut trouvé à une vingtaine de mètres du lieu
où on l'avait vu pour la dernière fois, cinq heures de temps seulement après sa
disparition dans le quartier de Lazari, à Mutsamudu.
En quittant le foyer familial le samedi 15 janvier, vers 18 h 00
pour aller jouer avec son cousin de même âge, Nafouzou Ali Bacar qui venait
d'avoir deux ans le 19 décembre dernier, était loin d'imaginer que cette sortie
était la dernière. A l'extérieur, les forces du mal l'attendaient et elles
l'ont eu. Elles l'ont frappé si dur que l'onde de choc produit a touché la
ville de Mutsamudu et les localités environnantes.
Les deux gosses étaient en
train de jouer sur la véranda de la maison familiale lorsque l'un d'eux,
Nafouzou, disparut. Après des recherches
intenses qui ont alerté toute la ville, on retrouva l'enfant inerte, à 23 h
00, sur la plage, à une trentaine de
mètres de la maison de ses parents.
D'après le Dr Kader, gynécologue à l'hôpital de Hombo, qui avait constaté le décès de l'enfant que
les parents ont amené dans sa clinique, il était 23 h 15 mn, le
visage de Nafouzou portait des traces de blessures provoquées par un objet tranchant. " Une sorte de lame
" déclare-t-il. Sur sa table d'examen, il y avait encore du sang.
Pour sa part, son collègue Dr Daniel Abdallah Mansoib qui était de passage à cette heure -là à la
clinique et qui a aussi vu le corps a constaté que du sang coulait sur le nez. Tous les deux sont
unanimes pour affirmer que l'enfant était déjà décédé à son arrivée à la clinique emmené par des proches parents.
A la question de savoir les causes du décès, Dr Daniel a répondu qu'il n'était pas médecin légiste. Son collègue
Kader et lui n'ont fait que constater le décès. Il réfute cependant les
rumeurs selon lesquelles le front de la victime portait deux plaies causées par
un objet perçant. Quant au crâne qu'on disait défoncé, Dr Daniel affirmait
qu'il n'avait pas examiné tout le corps.
Dans une atmosphère lourde, pleine de tristesse, le corps du petit Nafouzou a été inhumé à Mutsamudu vers 2 h 00 du matin.
Les circonstances de sa disparition et de son décès sont troublantes.
Présenté par sa famille comme un enfant
sage, Nafouzou, d'habitude, ne s'éloignait guère de la maison familiale. Ce samedi
15 janvier, il était sur la véranda avec son petit cousin. Il était
environ 18 h 00 (avant même la prière du crépuscule) lorsque
ses parents, ayant constaté son absence, commencèrent les recherches. La
maison familiale se trouve à une trentaine de mètres de la digue qui protège le
quartier de Lazari de la mer. La plage a été parcourue, à plusieurs
reprises, par des dizaines de personnes.
Les haut-parleurs de la mosquée ont diffusé la nouvelle de cette
disparition et tout le quartier en était avisé.
A 23 h 00, alors qu'un groupe de jeunes passait pour une énième
fois sur cette plage, il a retrouvé l'enfant qui gisait à dix mètres de la digue. D'après certains témoignages, le corps était
encore frais et les habits n'étaient pas mouillés. Il saignait beaucoup. Son
papa interpellé ne tarda pas à reconnaître sa progéniture. Tous ceux qui ont vu
le corps sur la plage exclut l'idée d'une noyade.
Les circonstances de la mort de Nafouzou ont plongé Mutsamudu tout
entière dans le désarroi. Une psychose traverse la ville. De peur de voir
d'autres enfants être "enlevés" les madras (écoles coraniques) qui fonctionnaient de 18
h à 20 h ont fermé. Les parents ne veulent pas prendre "le risque de jeter
leurs enfants dans la gueule du loup". Même pendant la journée, les
enfants sont accompagnés par des adultes pour aller à l'école publique ou
privée.
A Lazari, c'est tout un quartier qui porte le deuil, et dès le
crépuscule la vie semble être
arrêtée.
Pour l'instant,la cellule d'écoute des
enfants maltraités compte porter plainte contre x pour homicide.